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Contre Bainville
Bonaparte se tient là, il regarde Marie-Antoinette dans ses derniers instants, spectateur d'un changement. La foule demande du sang, elle se fait justice ...
L'opportunité est trop belle, la place se
libère, il est temps.
Dès les premiers instants, ce Napoléon de Scott prend le parti d'un homme opportuniste, ambitieux, en dehors de la foule, le tout enveloppé dans une très agréable reprise d'un chant révolutionnaire par Édith piaf, le ton est donné.
Historiquement faux ?
Dans toutes les critiques négatives nous pouvons lire comme premier argument que ce film ne respecte pas l'histoire. Le général Bonaparte n'était pas ici, il n'a pas fait ceci...
C'est un fait, mais pourquoi ne pas traiter le film comme ce qu'il est; c'est à dire une œuvre d'art plutôt qu'un documentaire ?
L'œuvre est-elle pour autant impertinente ?
Non. Scott se sert de moments historiques pour évoquer son propos :
Le but
Si le général détruit les pyramides, ce n'est pas autant pour effrayer les mamelouks que pour détruire une image divine : les pharaons. Ce qui sera appuyé par la suite par notre Bonaparte qui par défiance ira toucher une de ces divinités, une mommie. N'aspire-t-il pas lui-même à être un dieu ?
La mise en scène se met donc au service du film et non pas de l'Histoire, ce n'est pas la défaite des mamelouks dont il est question ici, c'est l'ascension d'un homme, sa course après la gloire.
Mais comment vit-on nos relations quand nous voulons être une divinité ? Et bien avec quelqu'un qui a autant d'ambition, ici Joséphine qui est au moins son égal, sans trop aller dans les détails.
Si Napoléon paraît parfois agir emotionnellement de manière gauche, il en est quasiment de même pour tous les personnages du film avec du pouvoir : Wellington paraît tout à fait détestable, les acteurs, y compris Phoenix, tiennent leur rôle à la perfection.
La bataille
Je regrette l'utilisation peut être abusive d'effets numériques pour certaines scènes de bataille (la mort de son cheval à Toulon me paraît très factice). Mais globalement on y ressens ce qu'on veut nous faire ressentir, de la peine pour les royalistes contre la mitraille, du désespoir à Austerlitz sûr la glace et du gâchis à Waterloo sous la pluie.
J'ajoute en plus que finalement, les tactiques et stratégies n'ont rien de géniales... Les canons étant l'atout majeur de Napoléon à chaque fois (et ce rendu simpliste et donc enfantin des batailles est voulu).
Cette version de Napoléon (qu'on croirait sortie d'une émission d'Henri Guillemin) est tout aussi pertinente que les autres, mais ce n'est pas ça qui est important, c'est un bon film, à voir en attendant la version longue !
Créée
le 29 nov. 2023
Critique lue 23 fois
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