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le 26 nov. 2023
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La dernière réalisation de Ridley Scott, "Napoléon", m'a laissé un goût amer, reflétant mes appréhensions initiales envers ce réalisateur souvent encensé, mais à mes yeux, surévalué. Scott, avec sa série de mauvais films, m'a laissé perplexe quant à l'adoration dont il fait l'objet, surtout lorsque certains de ses soi-disant chefs-d'œuvre ont été sauvés par des versions director's cut. Comment expliquer à mes enfants que ce cinéaste, qui est censé être l'un des meilleurs de sa génération, semble maladroit en matière de montage ? C'est un paradoxe déconcertant.
Apprendre que Scott s'aventure dans le biopic, un genre où la qualité est rare, et qu'il répond de manière arrogante aux critiques sur les erreurs historiques, ne faisait que confirmer mes craintes. Malheureusement, le film a confirmé mes attentes négatives.
Aborder la vie de Napoléon est, en soi, une entreprise intrigante. Cependant, transformer son histoire en un récit d'action américain est une insulte à la complexité de ce personnage historique. Le choix de mettre en avant sa relation avec sa femme, bien que pertinent, est exécuté de manière médiocre. Le film tente également de couvrir les grands événements de la vie de Napoléon, mais la hâte et l'accélération empêchent toute immersion dans l'histoire. Les victoires militaires, pourtant cruciales, sont traitées de manière superficielle, sans la profondeur nécessaire pour captiver le public.
Même l'histoire d'amour entre Napoléon et Joséphine est mal construite. Les personnages ne sont pas correctement introduits, rendant difficile toute implication émotionnelle. Lorsque Joséphine meurt, la mise en scène tente de susciter de la tristesse, mais comment pleurer pour des personnages auxquels on ne s'est pas attaché ? La réalisation de la tristesse nécessite un investissement préalable dans les personnages, un aspect qui semble avoir échappé aux créateurs du film.
La mise en scène elle-même est décevante. Les scènes de guerre, souvent cruciales dans un biopic historique, manquent de puissance et sont accélérées, ne permettant pas au spectateur de ressentir l'impact des événements. En comparaison, les scènes de guerre du film "Tu ne tueras point" de Mel Gibson, notamment son premier film, ont réussi à transmettre une puissance émotionnelle que Scott n'a pas réussi à reproduire.
Les performances d'acteurs, en particulier celle de Joaquin Phoenix, déçoivent. Prisonnier de son rôle du Joker, Phoenix semble incapable d'incarner le charisme et la grandeur nécessaires à Napoléon. Au lieu de transpirer le respect et la puissance, son Napoléon semble accablé par le poids du monde.
Quant aux erreurs historiques, elles ont été fortement médiatisées avant la sortie du film. Cependant, dans le contexte d'une fiction cinématographique, ces erreurs pourraient être pardonnées si le reste du film était solide. Malheureusement, il ne l'est pas.
En conclusion, "Napoléon" de Ridley Scott est un blockbuster américain fondamentalement défectueux, malgré son contexte historique français. En tant que spectateur français, je me sens insulté par cette tentative ratée et j'appelle à un arrêt de la production de films américains. Ce film ne fait que renforcer ma conviction que Ridley Scott est loin d'être le génie du cinéma que certains prétendent qu'il est.
Créée
le 22 déc. 2023
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