Narcisse Pigeon héritera à condition d'obtenir un brevet de pilote d'avion. Voilà donc l'artiste lyrique sur une base militaire où il lui prend d'enfiler un uniforme on ne sait trop pourquoi.
Une clause d'héritage saugrenue, un travestissement, des quiproquos très très complaisants, le dénommé Ayres d'Aguiar, dont "Narcisse" est l'unique film réalisé, use des plus grosses ficelles du comique de boulevard pour lancer ce qui sera rien moins qu'un vaudeville militaire parfaitement stupide.
Le film est un nanar qui pousse tellement loin l'imbécillité et les comportements grossiers qu'il en devient parfois plaisant.
Au cœur de la comédie, la relation entre Rellys, qui ne s'est toujours pas dépêtré de son uniforme, et le gradé ronchon que joue Gabriello offre de désarmants moments d'idioties sur un mode burlesque qui n'est pas sans rappeler les muets d'antan, et peut-être Laurel et Hardy pour le contraste physique (le duo chien-chat, Rellys-Gabriello, sera reconstitué six ans plus tard dans "Le roi des resquilleurs").
Des chansons rigolotes et des calembours besogneux, l'esquisse d'une bluette et la traditionnelle inspection générale, inhérente à tout vaudeville militaire : le film empile les "idées" et recettes comiques éprouvées.