7
2454 critiques
Nell
Film de Michael Apted sorti en 1994, vu il y a bien longtemps et revu avec beaucoup de plaisir. Le scénario concerne une jeune fille, Nell, découverte dans une cabane au fond des bois après le décès...
le 13 sept. 2024
Ce n’est pas tous les jours qu’on peut voir un film linguistique ! Nell se base sur l’idioglossie, ce qui n’est pas, contrairement aux apparences, l’étude de la langue des idiots, mais le phénomène consistant à créer (souvent spontanément) une langue pour soi ou un petit groupe tels des jumeaux. Elle est peut-être plus transparente sous son autre nom : la cryptophasie. Ou pas.
Nell, c’est donc aussi la personne qui idioglosse, à savoir Jodie Foster, qui tient ici un de ses rôles préférés. Les cas d’enfants sauvages ne sont plus très neufs au cinéma depuis longtemps, mais on tente d’élever son personnage au même rang d’exception que celui de L’Enfant sauvage de Truffaut ; l’actrice a d’ailleurs lu les mêmes livres qui l’ont inspiré, en version originale française parce que pourquoi pas.
On n’a en tout cas jamais assez d’une surdouée pour jouer une (prétendue) déficiente mentale, car la seule performance de la Rainwoman d’Apted aurait pu gâcher entièrement la tentative de lui donner sa propre langue. Ce n’est pas à la portée de tout le monde de baragouiner. Heureusement, & de façon un peu inattendue, personne dans la production ne semblait du genre à considérer qu’une langue fictive ne valait pas la peine d’être soignée sous prétexte que personne ne la comprendrait.
Pour nous initier à ce synopsis qui a des airs bien barbants pour tout le monde sauf moi, la caméra fait la navette entre les belles montagnes de Caroline du Nord & la civilisation en une alternance qui serait magnifiquement mise en valeur s’il ne semblait pas un peu trop aisé de déplacer deux personnages (un homme & une femme, hein, ça se voit venir) en-dehors de leur vie professionnelle jusque dans les montagnes de Nell, quoique Neeson arrivera à maintenir un brouillard surréel de gentillesse malgré l’exploration presque trop profonde de ce trait énorme dont on l’affuble. On ne peut pas être aussi élogieux pour Natasha Richardson dont la prestation est juste passable, quoiqu’on peut mentionner à sa défense la responsabilité qu’elle a hélas de ridiculiser la science & la psychologie dans la cristallisation qui est faite du cliché psychorigide affilié à sa profession.
Fortement reposée sur Foster afin de la laisser mener la danse, l’œuvre est bizarrement hypodramatique – ce dont je ne me plains pas, car si c’est monotone dans l’idée, c’est aussi d’une linéarité confortable qui ne se dispense pas pour autant de décorer le déroulé de la dose de méchanceté & d’injustice qui va bien. Cependant, il aurait fallu en faire plus afin d’offrir une catharsis digne de ce nom.
Pas excellemment équilibré autour de ses points très forts, l’opus d’Apted n’en génère pas moins une histoire respectueuse d’une marginalité souvent mise en boîte, sachant en outre transformer ses détails en petites pointes d’empathie, signes qu’Egg Pictures ne met pas tous ses œufs dans le même pas niais.
Créée
le 19 janv. 2020
Critique lue 568 fois
7
2454 critiques
Film de Michael Apted sorti en 1994, vu il y a bien longtemps et revu avec beaucoup de plaisir. Le scénario concerne une jeune fille, Nell, découverte dans une cabane au fond des bois après le décès...
le 13 sept. 2024
8
3065 critiques
Malgré toutes mes recherches, je n'ai pas réussi à savoir pourquoi ce si beau film avait été affublé d'un titre aussi neuneu ! C'est même la seule chose ratée dans cette oeuvre ! Certes, l'histoire...
le 21 déc. 2019
8
6585 critiques
Nell n'est pas une enfant sauvage au sens strict du terme, puisqu'elle vivait avec sa mère. La comparaison avec le film de François Truffaut n'est donc pas forcément pertinente. Ce film est d'abord...
le 28 mars 2020
3
1364 critiques
(Pour un maximum d'éléments de contexte, voyez ma critique du premier tome.) Liu Cixin signe une ouverture qui a du mal à renouer avec son style, ce qui est le premier signe avant-coureur d'une...
le 16 juil. 2018
10
1364 critiques
Quand on m’a contacté pour me proposer de voir le film en avant-première, je suis parti avec de gros préjugés : je ne suis pas un grand fan du cinéma japonais, et encore moins de films d’horreur. En...
le 26 oct. 2018
7
1364 critiques
Le Cargo 200, c'est le cercueil rapatrié d'un militaire soviétique tombé en Afghanistan. Balabanov montre le conflit comme un drame ignoré de tous, mais ce n'est finalement ni plus ni moins que la...
le 17 oct. 2020
SensCritique dans votre poche.
Téléchargez l’app SensCritique.
Explorez. Vibrez. Partagez.



À proposNotre application mobile Notre extensionAideNous contacterEmploiL'éditoCGUAmazonSOTA
© 2026 SensCritique
Thème