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Huit ans après la sortie de Marriage Blue, la même réalisatrice sud-coréenne, Hong Ji Yeong, sort New Year Blues, dont l'intrigue est à nouveau centrée sur le compte à rebours avant les fêtes, mais cette fois les personnages (complètement différents) ne se préparent pas à leurs mariages, mais au réveillon du Nouvel An. Même structure de scénario : quatre couples, quatre histoires d'amour, dont l'une est celle d'un couple international composé d'un Coréen et d'une étrangère (dans Marriage Blue, c'est Vika, originaire d'Ouzbékistan, dans New Year Blues, c'est Yao Lin, une Chinoise).


Un film choral comme New Year Blues, ou un autre, parmi les classiques populaires Love Actually, se caractérise par plusieurs sous-intrigues liées aux différents personnages, et ce genre cinématographique souvent appartient aux comédies romantiques qui seront toujours aimées du public avec leurs histoires touchantes, leur ambiance chaleureuse des fêtes et leur riche casting d’acteurs d'a-list. C'est pourquoi elles seront toujours tournées, partout dans le monde, chaque pays ayant sa propre version, avec l'idée de créer un esprit festif pour le public, que ce soit pendant Noël, le Nouvel An ou la Saint-Valentin. Et la Corée du Sud n'a pas fait exception à la règle. La seule chose qui prête à confusion est la date de sortie tardive de New Year Blues : un mois et demi après le Nouvel An, le 10 février 2021, est-il sorti à temps pour le Seollal (le Nouvel An coréen), qui tombait alors le 12 février 2021 ? Cependant, dans le film, les événements ne se déroulent pas en février, mais exactement au cours de la dernière semaine de décembre qui précède le Jour de l’an. La raison n’est pas claire, du moins pour moi. De plus, dix mois plus tard, le célèbre réalisateur sud-coréen, Kwak Jae Yong (My Sassy Girl, 2001) sort, fin 2021, le 29 décembre, un autre film choral au thème et à la structure scénaristique similaires, A Year-End Medley, qui, à mon avis, réussit bien mieux à plonger le public dans l’esprit des fêtes de fin d’année. Et qui devient populaire, faisant de l’ombre à New Year Blues.


New Year Blues aurait pu n’être qu’un film sur la vie des gens ordinaires avec leurs problèmes, sans aucune référence aux fêtes de fin d’année, car elles sont à peine évoquées, sauf dans une petite séquence de compte à rebours pour le réveillon du Nouvel An où l’un se réconcilie avec sa fiancée, un autre est seul dans son appartement, un troisième bosse, eux ils semblent indifférents aux festivités, et il n’y a qu’un seul couple dont les destins se sont croisés, qui fêtent le Nouvel An avec des gens inconnus mais séparément, lui à Buenos Aires, elle dans le ciel, à bord d’un avion. Pourtant, l’esprit festif semble être à l’arrière-plan des problèmes mondains des protagonistes, au point d’être complètement ignoré, non seulement par eux-mêmes, mais aussi par les spectateurs. Si vous pensez que tous leurs problèmes seront résolus miraculeusement, vous vous trompez, ce film parle de la réalité, parfois brutale. Il sera difficile de se laisser inspirer par l’ambiance des fêtes de fin d’année.


Personnellement, je pense que ce film critique la société coréenne complexe. L’histoire d’un couple qui se rencontre à Buenos Aires nous parle de l’épuisement professionnel : Jin Ah travaillait sans week-end pour gagner plus d’argent, tout comme Jae Heon qui, avant de déménager en Argentine, travaillait de cinq heures du matin à minuit, sans week-end non plus, jusqu’à ce qu’il fasse un burn-out et en ait assez du jugement de la société asiatique où les gens ne vivent pas mais existent comme des zombies et dorment presque sur leur lieu de travail. Ayant échappé à la société étouffante, ce n’est pas pour rien qu’ils se sont retrouvés à Buenos Aires, l’étymologie du nom de la ville étant la ville de « bons airs », où ils ont pu enfin « respirer à pleins poumons ». Une autre histoire, celle de Ji Hoo et Hyo Young, raconte le harcèlement obsessionnel d’ex-copains qui peut traumatiser la santé mentale de la victime (ici, c’est Hyo Young), et on sait bien que le problème de stalking est assez courant en Corée du Sud. L’histoire d’un champion paralympique (Rae Hwan) et sa fiancée (Oh Wol) nous parle de chahut sur les réseaux sociaux, du lookisme (discrimination selon l’apparence physique) : le personnage de Rae Hwan lui-même, originaire d’Allemagne, mentionne que ce n’est qu’en Corée du Sud qu’il s’est senti minable en lisant les commentaires des détracteurs, et ainsi d’absence de scrupule des médias d’information (ce n’est pas une coïncidence si l’une des scènes contient une référence liée au film His Girl Friday d’Howard Hawks). Quant au « jeune marié possédant une petite entreprise », Yong Chan, et son épouse chinoise issue d’une famille héréditaire, leur histoire d’amour dérape vers les problèmes financiers, la fraude, le refus de crédit, « rien n’est possible en Corée » à moins d’être né avec une cuillère d’argent dans la bouche.


New Year Blues ne traite pas du réveillon en tant que grande fête, mais de nouveaux départs, des obstacles surmontés, de l’Amour, bien sûr, et du Destin, un fil rouge qui traverse ces quatre histoires touchantes.

Sachko
7
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le 8 févr. 2026

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Sachko

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