Autre lieu, autre époque. Ni chaînes ni maîtres raconte le destin de Massamba et sa fille Mati, esclaves dans une plantation de canne à sucre à l’île Maurice au XVIIIème siècle. En abordant le sujet – rarement traité au cinéma – du système esclavagiste pratiqué par la France pendant plusieurs siècles, ce (premier) film du scénariste Simon MOUTAÏROU fait preuve d’une certaine ambition. Et sa réalisation est à la hauteur.
Le fond (la souffrance des esclaves) contraste avec la forme (une mise en scène soignée, agrémentée des décors photogéniques de Maurice (notamment sa jungle). La musique aussi – quand il y en a – apporte une plus-value appréciable.
En termes d’action, la partie centrale du long-métrage s’apparente à un survival avec une course poursuite haletante en pleine nature. Côté interprétation, Ibrahima MBAYE TCHIE a un charisme certain tandis que Camille COTTIN joue bien son rôle de chasseuse de ‘marrons’ (les esclaves qui prennent la fuite).
Cependant, le film baisse en intensité avant le dénouement, qui du coup perd un peu de sa force. Mais le scénario se tient et les acteurs sont crédibles.