Nicky Larson
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Nicky Larson

Film de Yuichi Sato (2024)

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J'avoue que ma maitrise du petit "City hunter" illustré est incomplète et que je ne suis évidemment pas de taille à discourir avec les puristes; mais adapter le shōnen manga en live-action ressemble souvent à un chemin de croix, tant l'essence du personnage du chasseur, sa propension s'affranchir des contraintes morales, l'absurdité parfois de ses actes semblent s'épanouir à merveille dans l'univers du manga ou de l'animé.

A l'occasion de la sortie (sur Netflix) de cette adaptation japonaise en prises de vue réelles, nombreux parmi ceux qui sont séduits par le métrage le comparent à l'adaptation de Philippe Lacheau considérée comme un épisode d'une totale infidélité à l'œuvre. Effectivement, les deux "Nicky" sont radicalement différents et il semble assez curieux de vouloir les comparer, la production française ressemble à un hommage à la version francisée (et dénaturée) de la série diffusée dans le club Dorothée, mais également à une farce assumée dans l'esprit de la bande à Phiphi.

Retour au bercail donc pour cette adaptation japonaise, avec de vrais acteurs et une scène d'ouverture qui pose les enjeux avec une belle énergie : de l'action débridée dans un Tokyo nocturne éclairé par des néons publicitaires agressifs, un City Hunter rieur, hypnotisé par des corps féminins voluptueux et dénudés, le tout rythmé par une musique électronique adaptée pour ce qui se pose d'entrée comme un retour aux origines du "mythe".

La fin de cette longue première séquence se conclura en effet par la mort de Tony Marconi, le compagnon de Ryô Saeba (rebaptisé ici Niki Larson comme dans la version française) et par le début de la collaboration entre Laura la "soeur" de ce dernier et notre bourreau des cœurs.

Cette "ouverture" sera suivie, heureusement, d'autres séquences un peu foutraques, de quelques instants comiques avec juste ce qu'il faut de mauvais goût et de vulgarité, et de l'apparition du célèbre marteau géant de Laura, pour calmer les ardeurs et débordements de son comparse. Mais nous sommes dans une production "sino-netflixiène", là ou la tenue, la retenue sont des valeurs importantes et une fois posée la (légère) muflerie du personnage et son tempérament débordant, "Nicky Larson" va se contenter de recycler les gimmicks d'une scène à l'autre, peinant à entretenir intacte la flamme initiale.

Certes les personnages sont sympathiques, les scènes d'action et le récit toujours compréhensibles, mais le film répond finalement parfaitement au cahier des charges Netflix : de la simplicité encore et toujours, du prêt à consommer "at home" qui permet des aller-retours frigo/télé, l'alternance des phases de sommeil/éveil sans jamais perdre le fil de l'intrique, bref et c'est dommage un objet mollasson assez vite oublié.

Yoshii
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le 26 avr. 2024

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Yoshii

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