6/10 – Un film qui joue avec les codes de la comédie romantique et de l’horreur psychologique, mais sans jamais vraiment mordre.
Nightbitch de Marielle Heller m’a surpris par son ton décalé, à mi-chemin entre la comédie romantique et une touche d’horreur psychologique si légère qu’elle en devient presque anecdotique. L’histoire suit une mère au bord de la crise de nerfs (Amy Adams, toujours aussi convaincante), qui se met à imaginer qu’elle se transforme en créature canine. Le film aborde des thèmes comme la dépression post-partum, la perte d’identité et la pression sociale, mais avec une légèreté qui désamorce toute tension réelle.
Ce qui m’a le plus marqué, ce sont certains choix de mise en scène un peu excessifs : des transitions brutales entre réalité et hallucination, une voix off parfois trop présente, et des scènes surréalistes (comme les moments avec les chiens) qui, au lieu d’ajouter de la profondeur, cassent le rythme et donnent l’impression d’un film qui ne sait pas vraiment où il va. Pourtant, quand Nightbitch se recentre sur le quotidien de son héroïne et ses relations, il devient vraiment plaisant. Les dialogues sont fins, l’humour est présent, et Amy Adams porte le film avec une justesse qui évite le pathos.
Visuellement, le film est soigné, avec une photographie qui alterne entre réalisme et onirisme, et une bande-son qui renforce l’atmosphère décalée. Mais c’est aussi là que réside son problème : Nightbitch ose trop peu. Il effleure l’horreur psychologique sans jamais s’y plonger, et utilise le fantastique comme un accessoire plutôt qu’un véritable outil narratif.
En résumé, c’est un film intelligent dans son propos, mais qui pèche par ses excès de style et son manque d’audace. À voir pour Amy Adams et son ton unique, mais sans s’attendre à une expérience marquante. Un divertissement sympathique, ni plus ni moins.
Note : 6/10 – Un film qui manque de mordant.