Niki
6.3
Niki

Film de Céline Sallette (2024)

Moi qui garde depuis mes années à Nice une affiche de Niki, pistolet en main, accrochée au mur, je pensais bien connaître la vie de cette artiste. C’est pour cela que le premier film de Céline Sallette ne me déçoit pas : il capture tout simplement le mystère fascinant de la vie de cette femme franco-américaine.

Le montage fluide du film nous emporte d’une scène à l’autre, souvent comme une flèche en plein cœur. Les séquences, baignées par le soleil éclatant de la campagne et les cris intenses des oiseaux, évoquent l’esprit de l’artiste sans jamais montrer ses œuvres, bien que le film soit, en quelque sorte, un biopic. Les corps de poupées et les avions en plastique rappellent à la fois les formes emblématiques que l’on devrait reconnaître, mais sont ici plongés dans des luttes entre adultes, des enfants agités, et un enfant calme, protecteur de ses parents. La folie, la peur des « squelettes dans nos placards » et des monstres sous nos lits sont abordées avec force. Le personnage principal n’est pas simplement étiqueté « bipolaire » – diagnostic souvent apposé aux talents excentriques – mais révèle comment certains « professionnels » nourrissent depuis bien longtemps un cycle vicieux de diagnostics. Le film explore subtilement cette idée d’une enfant qui persiste dans le corps d’une adulte, un regard sur la place et les combats d’une femme, qu’elle soit mariée à un partenaire « accompli » ou « coureur », ou encore une artiste affirmée par elle-même.

Le film est réalisé avec finesse, les acteurs incarnant bien leurs rôles, insufflant aux scènes une intensité poignante et chargée de signification. Pour moi, Niki n’est pas un simple biopic, mais le regard d’une femme observant une artiste en pleine contemplation de la vie et de l’art. Bravo également pour le script en anglais et en français, et pour ces superbes scènes de lettres et d’appels téléphoniques enflammés . Qu’on tire les étoiles !

https://www.instagram.com/p/DBujAcRI5-z/?igsh=MXZmMmo0Y3V2eHRmbw==

Cleo-57
6
Écrit par

Créée

le 29 oct. 2024

Critique lue 79 fois

Cleo-57

Écrit par

Critique lue 79 fois

2
1

D'autres avis sur Niki

Niki

Niki

6

el_blasio

le 8 oct. 2024

Suivre

Des Tirs qui ratent leur cible

Malgré des comédiens convaincants et un attachement sincère de la réalisatrice à son sujet, ce film retraçant une période charnière de la vie de Niki de Saint-Phalle n’échappe pas à l’écueil propres...

Niki

Niki

7

Eldopat

le 2 juin 2024

Suivre

Trauma torturant et créativité

Cette première réalisation de Céline Sallette est réussie. Le biopic de Niki de Saint-Phalle est judicieusement construit sur l'évolution personnelle, intime, complexe et douloureuse de l'artiste et...

Niki

Niki

8

cadreum

le 17 janv. 2025

Suivre

Torturée, lumineuse et énergie inextinguible

Céline Sallette signe biopic intime de Niki de Saint Phalle, qui explore judicieusement les dix années fondatrices de sa trajectoire (1952-1961), un moment où l’angoisse se mêle à l’éclosion, où la...

Du même critique

Love Me Tender

Love Me Tender

10

Cleo-57

le 22 juin 2025

Suivre

Ce film te déchire

J’ai lu Love Me Tender à sa sortie en 2020. Regarder le film, c’était comme le revivre. Corps et âme en parfaite synchronie avec Clémence — et pourtant, quelque chose se déchire en moi. Cette «...

Frankenstein

Frankenstein

7

Cleo-57

le 12 oct. 2025

Suivre

Victor

J’ai eu la chance d’assister à la première parisienne de Frankenstein et quelle expérience incroyable ! Guillermo del Toro signe un film à la fois intime et grandiose, qui fait réfléchir sur la vie,...

Dis-moi juste que tu m’aimes

Dis-moi juste que tu m’aimes

8

Cleo-57

le 22 févr. 2025

Suivre
Dernière modification

le 22 févr. 2025

Quand l’amour détruit

Réalisé par Anne Le Ny, Dis-moi juste que tu m’aimes explore avec subtilité les tourments de l’âme humaine. De retour à Vannes après un exil de vingt ans, Anaëlle (Vanessa Paradis) ouvre un bar chic,...