Luc, mon pote ! Qu’est-ce qui t’est arrivé ? Qu’es-tu devenu ? Je dois dire que, même si aujourd’hui tu fais des conneries avec tes films — et cela depuis de nombreuses années —, dans un petit coin de moi-même, j’ai encore envie de te défendre. Pas de défendre tes films, mais de défendre ce que tu as pu nous proposer. On est toujours dans cette attente inexorable d’un retour en grâce, d’un retour au niveau de ce que tu as su faire dans les années 90.
Parce que oui, Luc, j’ai relancé Nikita. Et putain, mec, t’étais bon ! L’intro, elle envoie du bois. Paris, c’est l’Amérique. Les personnages sortent des gouttières comme si on était à New York, ça canarde salement, ça sent la bonne testostérone, comme chez ton pendant James Cameron. Parce que, comme lui, t’aimes bien mettre des guns dans les mains des femmes : des femmes à la fois fragiles et fortes, mais qui n’hésitent pas à te faire bouffer le sol s’il le faut.
En plus de ça, tu nous ramènes un Tchéky Karyo — paix à son âme — qui avait cette gueule d’enculéééééé. Rien qu’à voir sa tête apparaître, tu savais qu’on allait avoir droit à un vrai bon méchant. Un mec bien pourri, comme il faut, qui apporte toujours un plus à un long-métrage.
J’ai un amour passionné pour Nikita. On y retrouve tout ce qui va porter ton cinéma par la suite : une héroïne, des armes, un peu d’humour, un nettoyeur et la musique magnétique d'Eric Serra. Un cinéma d’action pop-corn à l’américaine qui dynamitait le cinéma français de l’époque. Un cinéma que l’on voudrait retrouver, peut-être pas par nostalgie, mais peut-être parce que c’était un cinéma où on essayait, où on se posait moins de questions.
Tu es finalement devenu comme Jean-Hugues Anglade : à force de vouloir protéger les femmes de tout, tu les as rendues incapables de liberté et d’émancipation dans tes œuvres. Je te dirai une chose : laisse revenir le gamin qui était en toi, celui avide de la liberté du Grand Bleu et des avenues gigantesques.
Parce que oui, Luc, tu es un génie qui s’est oublié dans l’immensité de ses capacités. Nikita était ta mère, ta muse, ton avenir, mais tu l’as délaissée. Et crois moi, aujourd’hui, elle s’ennuie de toi.