Petit rappel historique : En 1973, le général Pinochet s’est emparé du pouvoir, mais après 15 ans de dictature, la pression internationale lui a imposé de légitimer son régime. C’est ainsi qu’a eu lieu un référendum en 1988. Pendant 27 jours de campagne, le camp du « oui » et celui du « non » ont eu droit à 15 minutes d’antenne par jour, pour s’adresser à la population. C’est l’élaboration et le succès de la campagne du second qui sont au cœur de ce film.
Pourtant perdue d’avance, cette lutte pour renverser la dictature finit par porter ses fruits grâce aux idées d’un jeune publicitaire : René Saavedra, incarné par le brillant Gael García Bernal. S’il est mêlé à la spirale capitaliste en raison de son métier, ce jeune père célibataire accepte de prodiguer ses conseils de communication à l’opposition, non tant par conviction que pour regagner les faveurs de son ex-femme, pleinement engagée dans cette lutte politique.
Et ce malgré les menaces anonymes dont il est victime et les mises en garde de son patron d’agence de pub (un proche du pouvoir, qui sera lui désigné pour gérer la campagne pro-Pinochet).
René Saavedra bouscule les codes de la gauche pour imposer sa modernité dans cette campagne. Il préfère montrer des scènes heureuses et positives illustrant l’espoir d’un avenir meilleur auquel tout le monde souhaite s’identifier, plutôt que d’entretenir la victimisation du peuple opprimé.
C’est ce ton innovant qui a finalement séduit les Chiliens indécis, lassés de la violence du camp de Pinochet. Cette énergie tout droit venue des États-Unis et inspirée des méthodes de marketing du monde de la publicité ont permis au camp du « non » de triompher.
Si ce film nous plonge avant tout dans...
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