Nocturama se positionne à la fois en tant que reflet de notre société de surconsommation et de notre envie, en tant que jeune citoyen français de vouloir changer le monde.
7 jeunes issus de milieux diverses ( allant du fils à papa étudiant à Science-po, au sans emploi et aux jeunes de banlieu), sont réunis autours d'un même acte qui va changer leur vie. Prêt à commettre un acte terroriste dont le réel motif n'est jamais expliqué. Bertrand Bonello choisis de ne pas laissé de réel indices sur la cause de cet acte, si ce n'est qu'il est dirigé contre le gouvernement français actuel. ( mention à Valls notamment ) " ça devait arriver" s'exclame Adele Haenel jouant le rôle d'une passante.
La première partie, faite comme un thriller haletant avec un dialogue quasi-inexistant sous fond d'une musique en back-ground répétitive nous met de suite dans l'ambiance du film. Sans comprendre la réelle motivation de ces jeunes, nous arrivons à nous mettre à leur place. Certains plus sûre d'eux que d'autres, ils sont tout de même prêt à risquer leur vie pour un changement.
Pour moi, la deuxième partie est la plus intéressante. La bande retranchés dans un centre commercial attendent toute la nuit sans savoir réellement si ils vont s'en sortir. Ils sont partagés entre le " on va s'en sortir" à "on va tous mourir". En une nuit, beaucoup de choses se déroulent et chacun libre court à ses envies comme si c'était les derniers instants de leur vie. Deux scènes remarquables se distinguent. Une, reflétant notre société ultra consommatrice, lorsque le personnage interprété par Hamza Meziani se retrouve face à un mannequin du grand magasin vétu exactement de la même façon que lui, de Nike de la tête au pied. Ensuite, il signe aussi une interprétation remarquable à la Greta Garbo chantant à plein poumon: My way de Shirley Basset. 'I did it my way' répéte il.
Finalement, Bonello dans ce film mystérieux nous laisse libre de choisir le motif de cet acte, ce qui est guère difficile quand on voit le mécontentement des français face au gouvernement. Il pose la question du jusqu'ou est on prêt à aller pour faire changer la politique du gouvernement et si finalement le problème de cette société ultraconsommatrice et capitaliste est il déjà trop ancré dans notre vie pour que l'on puisse le changer, lui aussi?
L'exercice de style est remarquable, et même si peu de choses se passent durant la dernière demi-heure du film on reste scotché devant un spectacle à la fois relevant de l'horreur et de la curiosité. Est il possible qu'ils s'en sortent après avoir commis un tel acte?