Tout d'abord, je dois dire que j'ai cru à un truc particulièrement malsain. Mais en fait, on découvre assez vite que le film est impregné d'un profond humanisme. "I dedicate this film to Mr Hikaru Yamagiwa... and to all the lost souls"..."all the lost souls", voilà bien ce dont parle le film : les "rejetés", les "monstres", leur folie et leur ridicule ; les âmes perdues. Au travers de divers portraits tous plus fascinants les uns que les autres, on les découvre. L'un a des pulsions meurtrières et vit avec sa "femme", sur un toit. Un autre, clochard, est moins dangereux, mais tout aussi fou et rejeté. Il y a l'inceste, aussi, autre source d'exclusion. Le fond est donc particulièrement touchant. Mais il n'est rien sans la forme du film, son réel intérêt à mes yeux : le cinéaste pose sa caméra où personne ne la poserait. Il offre un point de vue inédit, accompagné, parfois, en voix off, d'un fredonnement ou d'une respiration paniquée. On est dans la tête du rejeté. Les musiques (hélas relativement rares) sont absolument magnifiques et apportent une émotion incroyable à la scène. Et à la manière de la Femme des sables, ce film est, par moment, très sensoriel : la bouche, la langue, la peau, en contact avec d'autres choses, apportent au spectateur jusqu'à des frissons de dégoût. J'avoue avoir du mal à écrire cette critique, il m'est très difficile de poser des mots sur mon ressenti face à ce film, si particulier, si unique.
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le 27 oct. 2010

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