De retour après le sympathique Get Out, Jordan Peele tentait cette fois-ci par le biais de la SF d'interroger l'imaginaire Hollywoodien. En effet comment faire un film de monstre différent des myriades qui ont déjà été produits depuis les années 30, en choisissant une créature inattendue parbleu! Nope prenait donc la forme d'un huis clos en extérieur (Bizarre mais vrai) avec un ranch en toile de fond renvoyant à l'imaginaire hollywoodien le plus primitif, celui du far west. Sauf que caché derrière les nuages se trouvait une créature extraterrestre et c'est justement grâce à cet artifice que le long métrage de Jordan Peele prenait toute sa substance. Et Nope tirait là à la fois sa plus grande qualité et sa plus grande faiblesse à savoir faire monter le suspense en masquant la créature jusqu'au dernier tiers du film mais aussi partir dans des disgressions diverses affaiblissant beaucoup l'efficacité du récit sur la longueur (2h15 est bien trop long pour un film de genre). En effet le réalisateur se perdait un peu dans sa réinterprétation du monstre hollywoodien en la mélangeant maladroitement avec l'invention du cinéma (À base d'un assemblage de photos d'un cheval au galop) et l'élevage des chevaux pour satisfaire l'industrie dont le Western était le fondement. Au final Nope aurait gagné à durer 30 minutes de moins pour éviter toutes ces disgressions roboratives nuisant à l'efficacité d'un bon récit de monstre sortant un peu des sentiers battus.