C'est un bel hommage que nous livre là Eggers, à son grand maître Murnau, sans doute un classique du cinéma qui l’a profondément marqué. Son adaptation est légitime, son enthousiasme reconnu, mais sa qualité est pour le moins inférieure. Mais que nous faudrait-il pour dépasser les plus grands réalisateurs du XXe siècle ?
Certaines libertés qu’il a prises peuvent susciter l’incompréhension, par exemple dans la représentation du vampire : il est complètement dénué de tout charisme, sa moustache est pour le moins ridicule, ses cheveux sont sales et sa voix caricaturale, ce qui étonne pour un film qui se revendique de l’horreur. Ce vampire s’éloigne totalement de la figure conventionnelle ; il est devenu davantage un monstre qu’un conteur immortel mangeur d’humains. On pourrait alors se demander pourquoi Eggers a fait ce choix de changer toute son apparence, choix qui n’est pas justifié.
Sur ce point, c’est dommage, mais le jeu d’acteur reste excellent, et la photographie du film maintiendra le statut d’Eggers comme l’un de mes réalisateurs préférés. C’est avec virtuosité et beauté qu’il nous livre une grande adaptation d’un chef-d'œuvre déjà repris de manière plus gothique par Herzog dans les années 70. Ces trois films sont remarquables ; il est toujours bon de voir que nos réalisateurs d’aujourd’hui continuent de faire exister et de réinterpréter nos merveilles cinématographiques.