Je ne suis pas sûr que Nostalghia ne parle que de nostalgie.
Sans doute aussi beaucoup de désespoir.
Alors 2 heures du réalisateur russe peuvent s'avérer douloureuses et longues.
Pour profiter du film, il faut donc savoir :
- se laisser bercer par la rivière lancinante des images notamment lorsqu'elle nous ramène à l'enfance, thème cher à Tarkovski ;
- profiter des situations qui s'étendent comme pour proposer des tableaux en clair obscur ;
- apprécier les lieux qui tombent en ruine ainsi que les hésitations des personnages qui sont comme échoués dans le flot de la vie ;
- accueillir le mysticisme si souvent relayé par les oeuvres de Tarkovski. Ici le dialogue entre Dieu et des "madonne" en est le support.
Bref Nostalghia est pour moi le film le plus inaccessible de l'artiste.
On y retrouve :
- des métaphores parfois incompréhensibles comme Kusturica en propose souvent ;
- une quasi absence de scenario contrairement à Andrei Roublev ;
- un esthétisme très contemplatif.
En résumé une merveille artistique désespérante qui pourra en dérouter plus d'un.