C'est bien sûr le visionnage du très bon "Cube" du même Vincenzo Natali qui m' a amené à regarder ce petit film bizarre où j'espérais retrouver la créativité de ce réalisateur. Peine perdue hélas, "Nothing" n'est tout simplement pas à la hauteur...
Ce n'est pourtant pas faute d'avoir une idée bien barrée, qui aurait pu donner lieu à un huis clos assassin et anxiogène. Hélas Nothing est une comédie, et sur ce terrain Natali n'est pas au mieux de sa forme. Deux hommes, losers sympathiques et un peu craignos, se retrouvent soudain face à une montagne d'emmerdes diverses. Retranchés dans leur minuscule maison, ils font le vide... Littéralement. Quand ils ouvrent la porte, il n'y a plus rien autour d'eux, rien qu'un vide blanc éblouissant au plancher de trampoline.
Les deux acteurs ont beau jouer avec enthousiasme, et faire de leur mieux avec des lignes de dialogues bien étranges, ils usent assez vite le capital sympathie qu'on leur octroyait au début du film, (début qui m' a bien plu je dois dire) Plus cela va, plus ces adultes semblent, non pas rencontrer une crise métaphysique (où est le monde? Sommes-nous des dieux? ou au moins WTF?), mais une bête régression infantile qui les emmène de jeux vidéo en concours de trampoline et autres challenges idiots sur le style "c'est pas moi, c'est toi" . Deux sales gosses qui se chamaillent, voilà le pitch final de "Nothing". Un peu léger...
Si ce film était sorti avant Matrix, il se serait peut-être attiré l'estime des fans de Photoshop pour son utilisation à outrance de la gomme... Vu aujourd'hui en 2016, il ne reste que l'intrigue, bien trop faiblarde, et la comédie, un peu lourde. Mais bon j'avoue que comme vision de l'Enfer, ça aurait pu faire l'affaire, ce Grand Blanc... A voir par curiosité, tout au plus.