Bonne expérience de notre Lynch franchouillard.
Comme d’habitude dans un Blier il est difficile d’y rentrer avec ces dialogues très théâtraux et ce qui s’apparente à un cassage grotesque du 4ème mur.
Ce qui a fini par m’ennuyer profondément dans les derniers Wes Anderson (comme dans French Dispatch) avec cette manière d’encourager les acteurs à être le moins expressif possible les transformants tous en robots identiques sans âme.
Sauf que cette manière qu’a Delon au premier plan et les autres protagonistes à l’écran de paraphraser leur existence se justifie pleinement avec ce que ce film cherche à raconter au final.
Sans trop en révéler ça va parler d’une vision masculine sur le besoin vital d’amour, sur comment faire cohabiter les travers des hommes et des femmes. Rien de nouveau avec Blier mais on le sent plus sincère et personnel que d’habitude.
Lynch utilisera la force de suggestion et de l’image abstraite alors que Blier façonnera son idée par des dialogues abscons ou décalés. Ce que je pense comprendre et analyser à mon niveau.
Toute cette absurdité, cette répétitivité et ces longueurs sont difficiles à suivre mais Delon (qui a bien mérité son César) réussit à nous maintenir éveillé jusqu’au bout.
Je découvre petit à petit la filmographie de Delon mais je crois qu’à ce stade c’est sa meilleure prestation avec Plein Soleil.
Il est réellement touchant, subtil et surprenant, moi qui le croyait limité à un seul registre de ténébreux.
C’est plutôt une bonne surprise et Nathalie Baye le complète assez bien.
Michel Galabru est très bon aussi et c'est aussi amusant de voir Darmon, Darroussin, Lindon, Reno et Farcy tout jeunes dans cette drôle d'histoire.
Le dénouement du film fait que j’en ressors satisfait d’avoir passer du temps avec le personnage d’Avranche et d’avoir pu relier tout ce puzzle.
Petit clin d'oeil sur l'Aube et la gare de Troyes, les lieus de tournage qui ont été utilisés pour le début du film.