Un film bouleversant vu au festival Docaviv a Tel Aviv. Rosi capte les douleurs d'un monde hanté par son histoire. Nous sommes entre le Liban, la Syrie, le Kurdistan et l'Irak, mais nous ne savons jamais ou exactement. Pas de texte, sauf au tout début, ni d'insert explicatif, tout est offert a l’œil. Le film erre comme les fantômes qui tourmentent les personnages qu'il regarde. Des mères qui pleurent leurs fils torturés à mort dans une prison abandonnée, un braconnier qui chasse des canards dans un marécage, des fous dans une maison de fous qui racontent l'histoire tragique de leur pays, des soldates qui surveillent avec attention des immenses plaines semi-arides surplombé par un ciel gris opaque et menaçant. La guerre, pourtant jamais montrée, est omniprésente. Nous ne voyons que les échos lointains de la violence folle de cette région. Des dessins d'enfant décrits par un gamin rendu bègue par ce qu'il a vu, des visages inquiets qui scrutent un horizon vide barre de nuage comme si des hommes en noir s’apprêtaient a descendre du ciel, des visages durs qui portent les rêves de leur patrie, fracassés par l'histoire, des bruits de balle qui n'étonnent plus personne.
Le cinéma est grand quand il réussît à capter et a partager de telles vérités.
J'en profite pour partager la seul chanson utilisée dans le film - Mawtini. Un hymne magnifique écrit par un poète palestinien au début du XXeme siècle qui est apparemment très connu dans le monde arabe et qui était parfaitement ignoré de moi: https://www.youtube.com/watch?v=IKyYJWixb14&list=RDIKyYJWixb14☆t_radio=1