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le 29 avr. 2026
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Nous l'orchestre démarre très fort avec une répétition du "Sacre du Printemps" sous la baguette du jeune Klaus Mäkelä dirigeant avec fougue et grande expressivité les 120 musiciens de l’Orchestre philharmonique de Paris, et on est tout de suite saisis par la virtuosité, l’art, le jeu collectif de ces musiciens professionnels. On devine qu’on a, devant les yeux, à peu près le top du top des différents instrumentistes qu’on puisse trouver dans les quatre grandes familles (cordes, bois, cuivres, percussions) composant un orchestre symphonique. Et tous ces talents jouent à l’unisson, se fondent dans un ensemble et disparaissent (plus ou moins, selon l’instrument qu’ils jouent, la partition qui leur est dévolue) en tant qu’individualités, au moment de l’exécution des différentes pièces musicales. C’est d’ailleurs surtout ça qui m’a plu et intéressé dans ce documentaire : voir l’ensemble des musiciens en train de répéter, ou d’exécuter en concert, certains morceaux judicieusement choisis des grands compositeurs classico-modernes du XIX et XXème siècle, parce que j’ai très rarement l’occasion d’assister à des représentations données par un grand orchestre symphonique. J’ai donc, durant les 90 minutes du métrage, pris un pied indescriptible à voir l’Orchestre de Paris exécuter 1. sous la direction de Mäkelä : Stravinsky (Le Sacre du printemps, Petrouchka, L’Oiseau de feu), Bartok (Le Mandarin merveilleux), Ravel (le Concerto en sol) et, je crois, du Chostakovitch, 2. sous celle de la sino-britannique Elim Chan : Rimski-Korsakov (Schéhérazade), 3. sous celle d’Herbert Blomstedt, 97 ans : Bruckner (un mouvement de la Symphonie n° 8), et 4. sous celle de Daniel Harding : Mahler (un bout de la Symphonie dite des Mille). Le film démarre, comme dit plus haut, avec Le Sacre du Printemps, et s’achève avec le final de L’Oiseau de feu, le final (je crois) de la Symphonie des Mille et un ultime passage du Sacre. Une sélection de pièces musicales classico-modernes magnifiquement dirigées et exécutées. Mais Nous l’orchestre ne se limite pas à montrer l’orchestre en plein travail. Le réalisateur Philippe Béziat et ses caméras nous font découvrir la vie quotidienne de ce collectif de musiciens qui ne se personnifient pas seulement par l’instrument dont ils jouent (et le contrat qui lie chacun d’eux à la Philharmonie de Paris, tous, sauf les chefs d'orchestre invités, étant des professionnels dont le salaire est fonction du rang auquel ils ont été recrutés : soliste, chef de pupitre, tuttiste), tous ont évidemment une vie, des activités et préoccupations personnelles, qu’ils tentent d'oublier (et sont supposés le faire) dans l’exercice de leur art. Entre ces 120 personnes se sont tissées des relations qu'on découvre plus ou moins chaleureuses : on peut être un excellent musicien et un homme ou une femme exécrable. Les caméras enregistreuses de Béziat, en se faufilant un peu partout dans les grandes salles de répétition ou de concert, ont capturé un maximum de choses de la vie quotidienne de l’orchestre et nous les restituent. On a droit à des fragments d’interviews de certains instrumentistes, des fragments de répétitions de certains instruments, des fragments de numéros de solistes, des déplacements de l'orchestre en car ou en TGV... Le cadrage des plans, le montage image/son, le dosage des différentes scènes, le montage de l’ensemble du documentaire, tout ça est très réussi, d'une grande fluidité. Malgré sa relative brièveté, c'est un métrage extrêmement riche. En 90 minutes, on s’approche des individualités qui composent l’orchestre (chefs d’orchestre ou instrumentistes), on appréhende un peu ce qu’ils sont, leur personnalité (ainsi, les chefs d’orchestre visionnés sont très différents les uns des autres), leurs façons de vivre la musique, leurs états d’âme, leurs éventuels chagrins intimes. Bref, c’est un documentaire à la fois instructif (pour ceux qui, comme moi, aiment la musique d'assez loin, parce que sans jouer d’un instrument ni courir les concerts) et particulièrement agréable à suivre. La projection fait un bien fou.
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Créée
le 22 mai 2026
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