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Colonoscopie d'un pays
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Voilà un sujet en or (l’appropriation des terres des Amérindiens par les colons espagnols et leurs descendants en Argentine) qui a été saboté par la réalisatrice dont le film, brouillon, confus, et manquant de pédagogie et de concision, dessert une cause légitime. Elle s’est contentée de filmer le procès (en 2019, dans la province de Tucumán, près de celle de Salta où elle vit) de 2 Argentins, accusés du meurtre (le 12 octobre 2009) d’un amérindien, Javier Chocobar, 68 ans, et d’avoir blessé grièvement 2 personnes (à la suite d’une rixe sur un chemin que 3 Argentins (un propriétaire terrien, et 2 anciens policiers) empruntaient pour se rendre sur leur terrain minier) ainsi que la reconstitution devant la justice, et d’inclure, avec des photos de famille, les souvenirs des membres de la communauté autochtone Chuschagasta (groupe indigène diaguita). Sans oublier les nombreuses scènes filmées avec un drone (dont abuse la réalisatrice, à la façon d’un enfant fier de son nouveau jouet). Tout ça pendant 2 h qui paraissent bien longues ! En l’absence de voix off, on a du mal à comprendre qui est qui et qui fait quoi, parmi les protagonistes. Un sujet semblable avait été abordé dans « Le vent souffle à la frontière » (« Vento na fronteira) (2022) des Brésiliennes Laura Faerman et Marina Weis, où des Amérindiens voulaient récupérer leurs terres ancestrales (proches du Paraguay) et occupées par les fermiers propriétaires terriens, lui aussi confus et brouillon. Dans un film, la forme est aussi importante que le fond. N'oublions pas que l’Histoire est écrite par les vainqueurs : les Amérindiens ont été spoliés lors la colonisation et l’Etat argentin n’a pas fait trop d’effort pour les défendre. La lecture d’un rapport d’Amnesty International de 2010 est plus éclairante que le film : les 3 hommes, armés, étaient venus expulser par la force les Amérindiens, au mépris de la loi d’urgence 26.160 de 2006 qui interdit de déloger les peuples autochtones de leurs terres, le temps de l’évaluation et de l’enregistrement de leurs titres de propriétés.
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le 9 déc. 2025
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