Bonjour.
Toujours curieux du cinéma sud-américain, "Nuestro tiempo" en est un digne représentant.
Il y passe un souffle pas seulement dû à la magnificence des paysages. Peut-être à la façon qu'a Carlos Reygadas de nous les partager d'un regard limpide comme l'air de cette pampa (?) pourtant chargé d'autant de bestialité brute que de sombres nuages.
Est-ce là une image de l'amour, du couple et de ses transports comme de ses fureurs ?
C'est dans cet univers que nous sommes entraînés. Dans une relation homme-femme qui n'est pas sans rappeler la relation homme-animal, avec ses paris, ses jeux, ses exigences. Avec la complexité des complicités amoureuses, de même qu'avec la puissance brute des exigences du corps.
Une sorte de jeu de corrida amoureuse, aussi dangereux entre hommes et femmes qu'entre hommes et bêtes.
Aussi généreux. Aussi prenant. Tellement qu'on tient quasiment 3 heures à naviguer de l'enfance via l'adolescence pour entrer en eaux profondes de l'âge adulte devenu plus complexe que la jeunesse pouvait se l'imaginer.
Si on peut trouver ça long, trois heures sans relâche ni ennui, sans hors-sujets inutiles, c'est un garant de bonne conduite d'un scénario équilibré dans ses sinuosités et jusque dans sa montée au-dessus du gouffre final où, on le verra, la puissance de la bête trouve sa tombe.
On pourrait souhaiter au cinéma européen une si belle sève et un regard aussi neuf dans sa sobriété.
Un réalisateur à suivre.