Obsession est un excellent drame/thriller et est bien plus qu'un simple copier-coller de Vertigo, c'est un véritable hommage au chef d'œuvre d'Alfred Hitchcock et un film qui illustre parfaitement la maestria visuelle de Brian De Palma.
Certains plans sont somptueux et démontrent sa virtuosité de la mise en scène, en premier lieu toutes les séquences dans l'église et la passage crucial de l'aéroport vers la fin du film (mais je n'en dirais pas plus pour éviter les spoilers). Obsession témoigne d'un amour sans borne de Brian De Palma pour les œuvres d'Alfred Hitchcock. On y trouve tous les éléments narratifs et toutes les "obsessions" du maître, mais avec cette petite touche derrière la caméra qui fait sa marque de fabrique, De Palma étant un vrai "faiseur" d'images. Il est rare de voir une telle perfection dans la technique pure du cinéma et De Palma l'illustre parfaitement. Et puis c'est aussi un admirable directeur d'acteur, Cliff Robertson délivre une prestation très Hitchcockienne du mâle viril et impassible et n'a pas à rougir de la comparaison avec un James Stewart, un Grégory Peck ou un Gary Grant (mais sans cette petite pointe d'humour). Quant à Geneviève Bujold elle ne sera jamais aussi belle que dans ce film et John Lithgow (un habitué du cinéaste) est comme toujours un bad guy très charismatique. Et n'oublions pas la musique de Bernard Herrmann reconnaissable dés la première note et qui rapproche encore plus Obsession du cinéma d'Alfred Hitchcock.
Le seul défaut du film ou plutôt ce que certains (mais certainement pas moi) pourraient reprocher au film, c'est son parti pris narratif qui découle de la révélation finale, un dénouement difficile à accepter ...
Le héro du film tombe amoureux sans le savoir de sa propre fille qu'il croyait morte quinze ans plus tôt, d'où la réflexion délicate sur l'inceste.
Comme pour Old Boy de Park Chan-Wook, on ne ressort pas indemne du visionnage d'Obsession et la pilule est dure à avaler. Brian De Palma ne choisit vraiment pas la facilité et assume son partis pris scénaristique jusqu'au bout, au risque d'en perdre certains en cours de route ... mais c'est ce partis pris extrême et extrémiste qui pour moi fait passer le film à un niveau encore supérieur.