Oui oui, il s'agit bien d'une version longue de l'épisode des Contes de la crypte, avec Mariel Hemingway, "Loved to Death/Un amour éternel" (ayant pour origine une nouvelle déjà adaptée dans La Quatrième Dimension) proposant quelques variantes et nuances bienvenues, à commencer par davantage d'ambiguïté: Cette fois-ci, Nikki, la Femme convoitée, n'est pas présentée comme froide ou inaccessible, c'est même l'une des membres d'une bande d'amis, mais le héros (étrangement, pas Jack Quaid...) est tellement ramollo et inefficace, même lorsque des opportunités se présentent, que c'est lui qui s'impose des difficultés tout seul (comme quoi, de Twilight Zone à Friendzone....).
Autre dérogation morale: Pas de philtre d'amour versé dans un verre ici, mais un souhait prononcé sans trop y croire via un gadget totalement packagé pour devenir une "relique culte du cinéma d'horreur" (ce qui pourrait réussir). Et c'est là que les montagnes russes commencent, prenant leur temps sans toutefois avoir honte de rappeler régulièrement que l'on est devant une œuvre horrifique ou d'assumer ses aspects les plus bis (la façon dont est trouvé l'objet, tu as compris...), au cœur d'une idylle allant crescendo dans l'étouffant et le malsain, excellemment servie par la surprenante Inde Navarrette qui a probablement dû s'éclater avec la large palette de jeu exigée par le rôle (ses variations de voix, sa gestuelle, son sourire....). Une performance d'autant plus mise en valeur par la réalisation du petit nouveau Curry Barker (ce serait Osgood Perkins que ça ne choquerait pas, les deux semblant partager la même vision de l'épouvante), très soigneux dans la manière de cadrer et éclairer Nikki (que ce soit en arrière-plan ou dans la pénombre, lueur dans les yeux) ou, tranchant avec le ton pop/indie du reste du métrage, en s'amusant à faire durer des plans jusqu'à l'inconfort.
Moralité: Dans son goûtu mashup de plans fixes, d’ambiance un brin mélancolique, de thématiques fortes (possession, consentement, toxicité, métaphore de la bipolarité) et de folie teintée d’humour noir, l'empêchant d'être pris pour un film de genre se la jouant "au-dessus de ça", Obsession est peut-être le parfait chaînon manquant entre un cinéma d'horreur train fantôme et un autre, plus arty/contemplatif, que l'on nous propose depuis les années 2010.
C'est ce que l'on pouvait souhaiter de mieux.