Peu de surprises dans ce Ocean's 8 qui accompagne l’émancipation et la reconnaissance des femmes, de leurs droits et de leurs rôles au sein de la société. En filigrane de l'histoire entre l'héroïne et son ex-amant, c'est aussi le récit de la revanche des femmes sur les hommes. Avec ce film, le féminisme et la guerre des sexes entrent dans le mainstream sans pour autant revendiquer de message politique puissant. Ce film très hollywoodien est un signal supplémentaire de l’empowerment féminin.
Au chapitre de l'inversion des genres : le duo Clooney/Pitt est remplacé par la paire Bullock/Blanchett, grimées en femmes déterminées (et botoxées). Elles sont accompagnées de six autres femmes au profil psychologique quelque peu simpliste mais efficace.
La figure du hacker - d'habitude masculine - est interprétée ici à contre-pied par Rihanna qui endosse le rôle d'une brillante junkie-rasta-babos avant de se révéler en femme fatale au gala du MET.
La femme au foyer modèle tout juste sortie de Desperate Housewives se révèle être une escroc hors-pair, là aussi la ficelle est facile. Anne Hathaway - entre deux clins d'oeil au Diable s'habille en Prada - interprète quant à elle parfaitement le rôle d'une sorte d'Emily Ratajkowski actuelle.
On retrouve également la représentation de toutes les minorités ethniques présentes aux Etats-Unis avec plusieurs clichés ici et là.
Le plan mis en place par Bullock se déroule à merveille et sans accroc tout au long du film. C'est correctement ficelé mais sans surprise tant tout se déroule selon le plan. Pourtant, on ne s'ennuie pas et on se laisse guider dans le protocole de braquage avec quelques punchlines bien senties (l'agent des assurances notamment).
Bref, il s’agit d’une production américaine sans surprise avec les écueils habituels. Le rythme sauve les apparences et fait de ce film un divertissement honnête.
N.B. : on soulignera la présence agréable de Charles Aznavour dans la bande originale.