Après l’escapade européenne déconcertante d’Ocean’s Twelve, le retour à Las Vegas s’impose comme une évidence et une nécessité. Soderbergh le sait, les acteurs le savent, le public le sait.
Ocean’s Thirteen ne cherche pas à réinventer la formule, au contraire, il cherche à retrouver le suc d’Ocean’s Eleven. À la disruption et à la désinvolture du deuxième volet, Soderbergh répond avec la sagesse de celui qui a fait une erreur et s’emploie à réparer les dégâts.
Le scénario est simple et le récit plus facile à suivre. On sait pourquoi l’équipe de Danny Ocean agit et on les suit avec plaisir, un plaisir retrouvé. Le spectateur est embarqué. La mécanique du casse se déploie, à l’instar du premier volet, avec une vraie subtilité. À défaut de braquer le casino, l’objectif est de le ruiner. Il s’agit du « casse à l’envers ». Si le suspense n’est pas vraiment de mise, le divertissement et l’élégance du premier film sont bel et bien de retour. Un plaisir retrouvé disais-je.
On notera tout de même que les femmes sont, sur l’ensemble de la trilogie, les grandes absentes. Reléguées au rang de faire-valoir romantiques dans Ocean’s Eleven et Twelve ou de silhouettes décoratives dans ce dernier volet avec notamment Ellen Barkin.
La trilogie Ocean’s constitue un boys club assumé mais qui date sérieusement aujourd’hui.
La trilogie Ocean’s ne constitue pas un édifice du cinéma. Il s’agit avant tout de suivre un casting cinq étoiles (ou cinq diamants) dans une partie de chasse au trésor avec une réalisation léchée. Ocean’s Eleven est indubitablement le meilleur film de la trilogie; Thirteen son héritier, concluant une trilogie anecdotique dans l’histoire du cinéma et même dans la filmographie de son réalisateur.