Mon titre de critique fait référence à une chanson des Beatles mais aussi au jardin des créatures sexy composant l'escadron rapproché d'Octopussy. Roger Moore utilise pour l'avant-dernière fois, son permis de tuer dans un opus assez catastrophique par endroits, voire même grotesque, à peine rattrappé par quelques bonnes séquences, pas étonnant qu'il se retrouve n° 20 dans mon Top Bondien.
Sorti presque en même temps que Jamais plus jamais avec son concurrent Sean Connery qui rechaussait perruque alors qu'ici, Roger a tous ses cheveux, sauf qu'il a indéniablement un parapluie coincé quelque part et souffre de la comparaison, Jamais plus jamais étant meilleur alors que c'est un Bond hors franchise, comble de l'ironie. Roger donne toujours dans les mêmes travers : archi doublé dans les scènes d'action, jeux de sourcils multiples, coucheries à répétition, allure de constipé... contrebalancés par son allure smart, élégante et son humour gouailleur.
Pour son second James Bond, John Glen fait de son mieux pour mettre en images un scénario embrouillé, mal écrit et guère passionnant, il a pour cela ressorti les ingrédients qui constituent la panoplie familière de 007 qui finit par devenir artificielle : l'entrevue avec M, le laboratoire à gadgets de Q, le marivaudage humoristique avec Moneypenny, la mission exotique, la vamp dangereuse et mystérieuse, le méchant ultra caricatural (Louis Jourdan en prince afghan comme moi je suis la reine d'Angleterre), le tueur à l'arme redoutable (Kabir Bedi et son yo-yo tranchoir), le QG local bien dissimulé... Tous ces pétards de fête foraine, ces cartes postales de l'Inde éternelle, ces scènes d'action empesées, ces séquences de cirque navrantes où Bond se déguise en clown (quelle dégringolade dans la bêtise), et cet humour de collégien font ressembler cette mission à un divertissement parodique dont la formule s'est sérieusement usée, c'est à se demander si on est encore dans un James Bond.
Dernier Bond à utiliser le titre d'un roman ou d'une nouvelle de Ian Fleming, Octopussy pourra cependant réjouir pour quelques éléments : lorsque 007 débarque en Inde, son contact se signale en jouant le James Bond Theme à la flûte ; on y retrouve Maud Adams, seule actrice à jouer dans 2 Bond (on la vit en second rôle dans L'Homme au pistolet d'or), Steven Berkoff incarne un général Russe assez incolore au rôle mal défini, mais il y a Louis Jourdan qui y est un prince oriental assez drôle en amateur de chasse au gros gibier et d'yeux de mouton crus. Grâce à lui, ainsi qu'à son homme de main incarné par Kabir Bedi, et aux jumeaux lanceurs de couteaux, on a l'impression d'être plongé au coeur d'un Tintin en version plus couillue, ou d'un épisode de la BD le Fantôme du Bengale, c'est une ambiance d'un film des années 30 mais pas celle d'un James Bond, dont les scènes d'action relèvent de la fantaisie la plus totale, en frôlant de justesse le ridicule. A retenir quand même une bonne scène de poursuite avec les petits taxis indiens.
Bref, c'est un opus très imparfait, qu'on peut voir d'un oeil amusé mais avec une once de lassitude.

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le 1 janv. 2020

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