Oddity possède tout ce qu’il faut pour être réellement inquiétant : une maison isolée, une médium aveugle, un meurtre mystérieux, un spectre et surtout cet imposant golem de bois dont la simple présence suffit à mettre mal à l’aise. Damian McCarthy maîtrise d’ailleurs très bien l’attente et la composition de ses cadres. Pourtant, chaque fois que l’horreur semble enfin prête à prendre toute son ampleur, le film la désamorce presque aussitôt.
C’est d’autant plus frustrant que certaines de ses meilleures idées restent finalement sous-exploitées : le golem, le fantôme de Dani ou encore la relation entre Ted et le véritable meurtrier auraient mérité davantage d’espace.
Reste un petit conte macabre élégant, construit autour de la culpabilité et d’une forme de justice surnaturelle, qui se regarde avec plaisir sans vraiment laisser de trace. Sauf peut-être Darcy, médium aveugle aux répliques aussi sèches que réjouissantes.