C'est un bien joli film que l'histoire d'Odette Toulemonde, domicilée à Charleroi (Belgique), avec sa fille rebelle/grungy et son fils coiffeur/pédé. Odette Toulemonde, c'est la fable des gens communs, l'icône des 95% : elle habite une ville pourrie dans un appartement assez beauf, est vendeuse dans un centre commercial au rayon maquillage, collectionne les poupées de foire, a un coucher de soleil sur un des murs de sa chambre, élève seule ses enfants et n'est pas une femme très cultivée. Odette Toulemonde n'écrit jamais, car si elle a de l'orthographe, elle n'a pas de poésie. Odette Toulemonde, elle porte terriblement bien son nom.

Alors vu comme ça, Mme Toulemonde amoureuse d'un écrivain qui devient dépressif, la belle histoire d'amour, le week-end au bord de l'eau, le fils pédé qui est coiffeur, ça fait très cliché, ça pue le film pourri. Mais dans le cinéma, un film n'est pas pourri, il est original. Et Odette Toulemonde trouve son originalité dans le personnage incarné, et avec brio, par Catherine Frot, qui m'avait traumatisée dans Vipère au poing. Elle nous y interprête une femme joyeuse et resplendissante, simple et naïve, se contentant de plaisir simple, de rendre service, de rayonner en donnant le sourire. Elle est plumassière quand elle ne lit pas du Balsan. Elle élève ses enfants comme elle peut.

Odette Toulemonde a un côté Mary Poppins qui n'est pas désagréable. Le film est une jolie leçon de simplicité, même si on tire à gros coup de canons sur des clichés énormes comme moi. Ca donne le sourire, ça humidifie les yeux, ça donne envie de ne pas se prendre la tête, ça conforte dans l'idée que les gens les plus simples sont probablement les plus heureux.
Je ne reprocherais au film que sa fin, qui dénote beaucoup de l'ambiance et de la linéarité du film, et qui, je trouve, vient même le gâcher un peu.

Mais ça reste un film agréable, alors si vous avez un peu de temps devant vous...
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7
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le 29 déc. 2010

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