Une analyste effectuant des écoutes téléphoniques au service de sa majesté, décide de rendre public un mémo assignant à son équipe la recherche de faits compromettants sur des membres influençables du conseil de sécurité de l'ONU risquant de ne pas voter en faveur de la seconde guerre contre l'Irak. Le GCHQ relaye ainsi une demande émise par son homologue américain, la NSA, une semaine avant la mascarade de Colin Powell devant ledit conseil, jouant avec une "fiole d'anthrax", et faisant planer le spectre d'armes de destruction massive jusque là intangibles.
Le film se concentre sur les déboires juridiques qui résultent en 2003 de l'acte de "haute trahison" de Katharine Gun. L'enjeu est de trouver dans le droit anglais un moyen de justifier l'infraction à son serment de confidentialité, contre une raison d'Etat ne se souciant pas de la légalité de la guerre dans laquelle elle engage son pays au mépris du droit international.
C'est filmé de manière standardisée (sans se priver de manoeuvres éculées comme la scène de l'aéroport), un peu long, mais les dialogues sont soignés, comme le nécessitait le sujet. La guerre y est abordée sous son angle le moins dramatique et le moins spectaculaire, et je ne connais pas beaucoup de réalisateurs qui sauraient imprimer leur "patte" sur ce type de récit. Sachons reconnaître l'originalité de films comme Vice ou The Big Short, et l'honnête facture de celui-ci (et évitons de parler des films d'Oliver Stone).