En phase terminale de cancer, Leo Fife célèbre documentariste accepte de répondre à une dernière interview en forme de confession filmée par l'un de ses anciens élèves
Il exige que Lisa son épouse adorée et fidèle collaboratrice depuis 30 ans soit présente pour cette ultime confession où il entend dire toute la vérité.
Il y a 40 ans, Paul Schrader faisait de Richard Gere un sex-symbol planétaire grâce au film American gigolo. Les retrouvailles et surtout le choix de l'acteur sont la meilleure idée du film (avec la musique). Richard Gere est vraiment formidable. Hélas, le film s'avère aussi inconfortable et peu aimable que le livre éponyme de Russel Banks dont il est l'adaptation (et que j'ai lu... laborieusement).
Le personnage n'est qu'à quelques heures de pousser son dernier souffle et ce n'est rien de dire que ses souvenirs sont particulièrement confus. Qu'il mente, qu'il se trompe ou qu'il ait oublié n'est pas le plus important mais (comme dans le livre) la pauvre spectatrice a bien du mal à faire le lien entre les différents moments clé de sa vie. A-t-il été marié trois fois ? A-t-il aimé ces femmes ? A-t-il eu les enfants qu'il affirme avoir eu ? On n'en sait finalement rien, on s'en fiche et les nombreux flash-backs où alternent le noir et blanc puis la couleur et où les acteurs interchangeables se succèdent (Richard Gere pouvant jouer le rôle du personnage à 22 ans...) ont du mal à trouver une connexion les uns avec les autres, même s'ils ont pour objet de nous montrer la grande confusion du personnage mourant. J'ai fini par me désintéresser complètement de cette histoire et de cette agonie.
Thomas Baurez de Première dit les choses mieux que moi : "Malheureusement, tout ça finit par donner une impression de statu quo émotionnel. La mise en scène bien que solide retient des personnages maintenus prisonniers d’un récit qui refuse bec et ongles de se déployer. Quant à Gere, flamboyant malgré la détérioration programmée de son personnage, il est la lumière intérieure de ce film-cercueil".
Les acteurs ne sont absolument pour rien dans ce plantage, Jacob Elordi et Richard Gere sont absolument formidables. Les autres acteurs sont des accessoires.
Ce qu'il me reste c'est la magnifique affiche (les affiches réussies sont tellement rares) et surtout la musique follement mélancolique, le folk doux de Phosphorescent (Matthew Houck) qui m'a évoqué Dylan et Neil Young. J'ai trouvé cette bande originale absolument sublime.
Ecoutez au moins ce morceau. https://youtu.be/sbBrbq1dk_E