Cela est parfois difficile d’expliquer pourquoi un film vous a touché. Encore plus quand on a affaire à un film considéré comme mineur sur ce site. Et pourtant, le succès qu’il a rencontré dès sa sortie montre qu’Oliver et Compagnie a réussi quelque chose là où ses prédécesseurs avaient échoué. En effet, il s’agit du premier film d'animation de l'histoire à dépasser les 100 millions de dollars au box-office mondial. Oliver et Compagnie remet le studio sur les rails, Walt Disney Pictures traversant jusqu'alors une période assez compliquée.
Premier point positif pour moi : la BO. Alternant entre morceaux des années 1980 qui n’ont pas pris une ride et musique instrumentale, elle accompagne parfaitement le film. Jamais omniprésente, toujours intelligemment utilisée. La palme revenant à Good Company, qui fera fondre les cœurs de pierre.
L’histoire est à la fois simple et d’une grande richesse thématique. On parle à la fois d’adoption, d’amitié, de kidnapping, d’endettement, etc… et c’est toujours fait de la bonne façon. Ceci grâce à des personnages qui sont tous excellents et qu’on prend vraiment plaisir à suivre. Le film porte bien son nom, car Oliver est certes le personnage principal, mais rien n’existerait sans tous les autres.
Cela est brillamment démontrée dès l’introduction, avec tout un passage sans dialogue mais avec une musique de fond qui se marie parfaitement bien avec ce qui se déroule à l’écran. Il faut attendre plusieurs minutes avant d’entendre la voix d’Oliver, qui ne sera pas le personnage le plus bavard du film. Dans Oliver et Compagnie, l’image prime sur les dialogues. La narration visuelle est mise plus que jamais au cœur du film.
Pour revenir aux personnages, le tour de force c’est d’avoir réussi à les rendre attachants sans en faire des caisses, sans vraiment les développer. Certains personnages sont traversés par des dilemmes moraux (Fagin), la plupart sont blancs mais un blanc qui tire parfois vers le gris. C’est cette nuance qui fait aussi le sel du film.
J’ai trouvé les méchants vraiment marquants : bien que peu présent, Sykes et ses deux chiens font planer sur tout le long-métrage une menace indéniable. Ils sont sans concession, c’est des méchants comme ça qu’on aime voir dans ce genre de récit.
D’ailleurs, même si ce n’est pas montré frontalement, ils meurent tous les 3 à la fin, ce qui est quand même assez osé du côté de chez Disney. Il n’y a aucune rédemption possible avec eux.
Du point de vue visuel, on est totalement immergé dans ce New York de la fin des années 1980, et notamment dans le quartier de Manhattan avec la foule de jambes du point de vue d'Oliver, les grandes avenues et sa circulation dense ou les petites rues plus désertes mais moins sûres. Puis on est entrainé des quartiers aisés aux quartiers pauvres, de Central Park aux docks. Rarement une ville aura autant été mise à l'honneur dans un film d'animation !
Oliver et Compagnie trouve l’équilibre parfait entre enjeux dramatiques et humour, le tout dans un rythme soutenu du début à la fin, sans laisser personne sur la route. Je dois dire que j’ai pris une petite claque, ce qui était inattendu ! Mais j’ai constaté aussi que tous mes souvenirs d’enfance sont remontés alors que je pense ne l’avoir vu qu’une fois, et ça, c’est la marque des grands films.