Omaha est un film réalisé par Cole Webley. Il s’agit de son premier long métrage racontant le road trip d’une famille américaine comprenant Charlie 6 ans, Ella 9 ans et Martin le père. S’il peut s’agir d’un scénario en apparence simple, il laisse planer un certain mystère : pourquoi ce père réveille-t-il si tôt ses enfants pour partir et pourquoi spécifiquement au Nebraska ?
Cette famille est pauvre, le père compte ses dollars, n’hésite pas à se priver et à faire des concessions. Cet aspect tire vers le pathos mais ne va jamais dans l’excès. Le climax du film peut surprendre mais on peut le deviner au fur et à mesure des événements qui se produisent lors de ce voyage. Le film nous propose plusieurs points de vue, entre la lucidité de la jeune fille qui reste malgré tout tenue à l’écart par son père, et par ce dernier qui semble à bout.
Les enfants acteurs sont très justes dans leur jeu, le regard de l’actrice qui joue Ella est notamment très expressif. Le personnage de John Magaro, le père, est dans la retenu mais ce choix est justifié par la volonté de garder un mystère autour de ses intentions. Les paysages se composent surtout de routes mais Salt Flats et les décors montagneux du Wyoming sont magnifiques. J’ai particulièrement aimé la scène du cerf volant dans l’étendue blanche de l’Utah.
Mon principal problème repose surtout sur la tension entretenue par les non-dits qui aurait pu monter plus en crescendo pour finir par exploser mais elle est avortée dans la plupart des scènes (sauf pour le final).
Aussi, ces fameux non-dits qui permettent de placer une ambiance tendue tout le long du film, finit par lui faire défaut. En effet, avec le mutisme du père (qui ne permet pas d’expliquer son choix final), le carton-texte final arrive comme un cheveu sur la soupe que je trouve au final mal amené. Peut-être que le film aurait eu une toute autre dimension, encore plus oppressante, si le carton de fin avait été placé au début.