Après une tragédie familiale, Ella et Charlie sont réveillés à l'aube par leur père. Il les entraîne, avec leur chien, sur les routes du pays. Ce voyage forcé devient la découverte d’un monde qu’ils n’avaient jamais vu. Derrière ce geste se cache pourtant un drame : la maison a été saisie, et le père veut offrir à ses enfants les “meilleurs moments” avant que l’inéluctable ne les rattrape. Mais ses silences trahissent une vérité qu’il n’ose prononcer.
Très vite, on devine l’intention du film. Là où j'espérais une plongée dans la psyché paternelle, dans les contradictions d’un homme pris entre culpabilité et désir de protéger, le récit reste en surface. De même, j'aurai aimé que le texte s'attardent davantage sur l'après. Ce sont les enfants qui emportent tout : d’une justesse lumineuse, ils donnent aux scènes une vitalité et une vérité qui valent de l’or.
On sort frappé par cet élan et le carton final achève de révolter : en un texte sec, il rappelle la réalité sociale qui sous-tend cette fiction, et transforme mes pleurs en colère.