Attention, si les gens dépecés, torturés et mangés vous retournent l’estomac, passez votre chemin car Omnívoros est LA bobine espagnol qui se veut être le nouveau A Serbian Film. Omnívoros prévient cependant l’assemblée dès la première scène, pour ainsi dire totalement vomitoire. Pour le reste en revanche, qu’est-ce qu’il y a ? En réalité pas grand chose. Le métrage calque son histoire sur un concept bien connu, celui de la descente aux enfers. 8MM, Edmond, ou encore A Serbian Film cité plus haut, tous se servaient de ce schéma, une mécanique bien huilée en somme. Pourtant, même si c’est bien huilé, il faut le petit quelque chose qui fera que la bobine passera du simple torture porn à quelque chose de plus grand, ce qu’Omnívoros n’a hélas pas réussi à faire, se transformant peu à peu en un potage croupi où les seuls croutons digestes sont les passages gores. Une deception, surtout que l’on a toujours une certaine impatience lorsqu’il s’agit de découvrir une nouvelle bobine horrifique hispanique.
Il est même agaçant de voir autant de portes ouvertes être laissées à l’abandon, car le cannibalisme est toujours une occasion de pointer le doigt sur la morale, et même, pourquoi pas, susciter une tentation chez le spectateur, même si celle-ci ne dure qu’une fraction de milliseconde. Qui n’a pas eu un bref instant de devenir un slasher en regardant Behind The Mask : The Rise of Leslie Vernon ? Certes on ne convertit pas un auditoire au cannibalisme par le biais d’une bobine de 80 minutes, mais au moins on se rattrape en lançant sur la table quelques cartes passe-partout, mais même pas, ça reste trop fainéant, et la fin bouclée à la va-vite via un revolver de Tchekhov pas subtil pour un sou ne vient qu’enfoncer ce sentiment.
Finalement, l’ensemble est si convenu et patauge tellement que la descente aux enfers n’en devient plus vraiment une (le personnage n’a pas l’air spécialement marqué, alors que bon, IL A MANGÉ DES GENS) et le réalisateur et scénariste Óscar Rojo sombre même parfois dans un comique non voulu, il suffit de voir le boucher illettré et rigolant bêtement pour en être convaincu. A voir si l’on est vraiment insatiable en matière de dégueulasseries, les autres auront aussi bien à faire que de se retourner sur des oeuvres bien plus intelligentes comme Edmond.