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Ris, ô Currie.
Où l'on suivra les aventures d'un docteur aux méthodes originales (il cherche plus à soigner le patient que la maladie proprement dite, quitte à user de techniques aussi saugrenues que la psychologie...
le 16 juin 2011
Tout le monde apprécie le docteur Noah Praetorius. Bon vivant, homme joyeux et optimiste, il sait comme personne dérider ses patients et dédramatiser une dissection auprès d’un auditoire de jeunes étudiants. Pas étonnant qu’il suscite alors l’admiration quasi-unanime de ses collègues et qu’il inspire confiance à ses interlocuteurs !
Justement, c’est de se confier dont a désespérément besoin Deborah Higgins. Coincée entre un père aimant, mais terriblement dépressif et un oncle tyrannique et dominateur, la jeune femme – comble de la malchance – se trouve enceinte d’une liaison éphémère. Une situation dont elle va informer le docteur, et qui ne va, l’on s’en doute, pas tarder à se compliquer passablement.
Le film, « On murmure dans la ville », une adaptation d’une pièce de théâtre de Curl Goetz, signée Joseph L. Mankiewicz, constitue une petite merveille d’interprétation, d’inventivité et de modernité.
C’est avant tout une histoire de personnage : l’on se concentre sur le docteur Noah Praetorius, que l’on va suivre durant le film. Nous ne le quittons jamais. En s’attachant au moindre de ses pas, Mankiewicz souhaite faire vivre au spectateur le quotidien de l’homme exceptionnel dont il a entrepris de narrer l’histoire. Et cela fonctionne !
Cela fonctionne, d’ailleurs, principalement car c’est Cary Grant qui incarne le docteur Praetorius. L’acteur, toujours très à l’aise dans la comédie (de laquelle il ne varie jamais vraiment beaucoup, d’ailleurs), donne une prestance et un charme irrésistible à son personnage. Plein d’humour et d’énergie, sa bonne humeur et sa vitalité sont contagieuses – aussi bien pour ses pairs que pour le spectateur ! De l’aveu même de l’acteur, il s’agit d’ailleurs d’un de ses meilleurs films.
Afin de mettre en valeur son héros, Mankiewicz prend soin de présenter un cortège de personnages secondaires qui gravitent autour du médecin. Tous bénéficient d’une qualité d’écriture et d’interprétation exceptionnelles : chacun d’entre eux possède une personnalité propre et fouillée, un ou plusieurs moments de gloire, et les acteurs nous régalent de prestations flamboyantes qui sont un vrai ravissement pour les yeux et les oreilles (sans même mentionner Jeanne Crain, qui justifie par sa simple présence cette dernière formule). Sidney Blackmer et Walter Slezak, en particulier, campent des personnages excellents.
L’autre force du film, c’est l’originalité du scénario, la modernité et l’intelligence de son propos. D’une part, Mankiewicz propose un enchaînement de scènes passionnantes, variant adroitement les registres de manière à ne jamais se répéter et à constamment tenir en haleine le spectateur. D’autre part, le film est audacieux et résolument moderniste dans ses thèmes et sa manière de les traiter : la question de la jeune future-mère célibataire est, en effet, abordée avec une douceur, une souplesse et une bienveillance qui tranchent avec la rigidité de la bienséance dans la société américaine (et européenne, d’ailleurs…), de l’époque.
Sous couvert d’une histoire finalement plutôt simple et légère, Mankiewicz aborde des thèmes de société plus sérieux, qu’il traite avec fraîcheur et optimisme. Le film, tel Noah Praetorius, possède un formidable élan de vitalité et de joie de vivre, tord le cou aux préjugés archaïques et ridiculise les jaloux, les tyrans et les haineux. L’on en sort heureux et souriant, et c'est bien le plus important.
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le 15 nov. 2015
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