Once Within a Time
-
Once Within a Time

Moyen-métrage de Godfrey Reggio (2023)

Raboteuse mais non dénuée d'intérêts et de beautés paradoxales, l'ultime "création" de l'auteur du chef d'oeuvre Koyaanisqatsi n'en finit pas de perpétuer les intarissables questionnements philosophiques intrinsèques à la trilogie Qatsi. Vendu sous la forme d'un conte cybernétique dans la continuité du très mésestimé Naqoyqatsi ( à noter que les deux films furent tous deux co-produits par Steven Soderbergh...) Once Within a Time reste un moyen métrage délibérément impur, dénaturant à dessein les images qu'il déroule de manière à la fois discontinue et fatalement segmentée en une poignée de saynètes proprement claudicantes.


Détenteur d'une Oeuvre en forme de work in progress, Godfrey Reggio semble ici comme "à bout de souffle" au regard de Once Within a Time, témoignant alors de ses limites créatrices un rien rédhibitoires à mesure que le temps avance et que les films se suivent : réduit à piller et à pomper sans vergogne sur ses précédents métrages ( on décèle ici pas mal de la substance de Koyaanisqatsi, et surtout énormément de celle - plus bâtarde - de Naqoyqatsi...) le réalisateur outre-Atlantique peine à réinventer son propos, encore et toujours condamné à réitérer les mêmes poncifs qui - jusqu'ici - fonctionnaient parfaitement. Visuellement trouble voire même hideux dans ses pis instants ledit moyen métrage décline une succession de sketchs accompagnés du fidèle compositeur Philip Glass, ce dernier pêchant par défaut d'inspiration en cette occasion.


Les aspérités intrinsèques à l'objet dont il est ici question nous permettront d'apprécier à minima ce qui restera à ce jour le moins bel ouvrage de Godfrey Reggio. Arrivant à un point de redondance forcément dommageable le Cinéma de l'auteur de Koyaanisqatsi tente faiblement d'actualiser ses inquiétudes progressistes à renfort de chimpanzés affublés de casques VR se balançant de liane télégraphique en liane télégraphique, mais c'est finalement bien trop mince pour nous combler sur la longueur. Reste un travail remarquable de montage effectué en aval...

stebbins
6
Écrit par

Créée

le 29 mai 2025

Critique lue 22 fois

stebbins

Écrit par

Critique lue 22 fois

1

Du même critique

Le monde est à toi

Le monde est à toi

7

stebbins

1273 critiques

L'avis ne m'apprend rien

Il est des films méritant davantage d'honnêteté intellectuelle à leur encontre, des films défiant presque entièrement l'esprit critique, le discernement et la faculté de juger ce qui est vrai ou...

le 15 août 2018

Hold-Up

Hold-Up

1

stebbins

1273 critiques

Sicko-logique(s) : pansez unique !

Immense sentiment de paradoxe face à cet étrange objet médiatique prenant la forme d'un documentaire pullulant d'intervenants aux intentions et aux discours plus ou moins douteux et/ou fumeux... Sur...

le 14 nov. 2020

Mascarade

Mascarade

8

stebbins

1273 critiques

La baise des gens

Nice ou l'enfer du jeu de l'amour-propre et du narcissisme... Bedos troque ses bons mots tout en surface pour un cynisme inédit et totalement écoeurrant, livrant avec cette Mascarade son meilleur...

le 4 nov. 2022