Ondine est une ode, une ode perpétuelle.
C'est d'abord une ode à la douceur, à celle de Syracuse envers sa fille, à la vie simple et routinière de ce simple pêcheur. Une douceur que l'on retrouve dans la façon avec laquelle il remonte cette femme, sans oser l'approcher, puis avec laquelle il va la traiter : avec crainte, déférence, religiosité presque.
C'est une ode à la faiblesse : celle de Syracuse devant sa vie passée, celle de sa fille en fauteuil, celle de cette femme, mutique, perdue, manifestement amnésique. Des personnages faibles, abimés, mais qui parviennent à résoudre les mystères et à tenir bon devant la violence et les armes.
C'est une ode à la mer : celle qui tue, celle qui engouffre les souvenirs, mais aussi celle qui rend, qui rend la vie, l'amour, qui engendre des secrets et des créatures merveilleuses qu'on ne rencontre que dans les légendes.
Enfin, c'est une ode à la poésie. Car Ondine n'est que cela : une ode à la poésie. L'œuvre propose une parenthèse dans la vie du spectateur comme une parenthèse est ouverte dans la vie de Syracuse et sa fille. Le temps s'arrête, et le merveilleux bouscule la vie morne et quotidienne. On ne peut être qu'incrédule - le spectateur comme les personnages - mais on a envie d'y croire. On veut que ce soit une sirène, on veut que la réalité vole en éclats, alors que c'est impossible, bien évidemment.
C'est la puissance d'Ondine. Et tout est fait pour y parvenir : des paysages sublimes, un jeu d'acteur fin et tout en retenue, et une bande-son géré par Sigur Ros qui ne peut qu'accompagner merveilleusement ces différentes odes.