Only the River Flows, le troisième long-métrage de Wei Shujun, est adapté d'une novella de Yu Hua, prolablement le meilleur écrivain chinois des trois dernières décennies, dont le roman Vivre ! fut adapté en son temps par Zhang Yimou. Le film, tourné sur pellicule 16mm, se déroule au milieu des années 90, dans une triste petite ville chinoise, et s'impose par son atmosphère trouble et aqueuse, bien plus importante que son intrigue de polar, dans une veine néo-noire détraquée, visiblement très prisée par les jeunes cinéastes chinois (Wei Shujun a 33 ans). Chargé de symboles et traversé de scènes oniriques, Only the River Flowers explore de manière fascinante (agaçante pour les contempteurs du film qui y voient surtout du maniérisme) les tréfonds de l'âme humaine et la folie contenue en chacun, qui plus est quand il s'agit d'enquêter sur une série de meurtres insolubles. En suivant son flic fragile, dont la vie privée n'est pas sans conséquence sur l'activité professionnelle, et vice-versa, le film s'affranchit progressivement du réalisme, fût-il poétique, pour des contrées plus instables, quoiqu'il n'élude pas le poids du collectif dans la société chinoise, source éventuelle d'aliénation individuelle. Sombre et torturé, le film montre qu'après la pluie vient parfois le mauvais temps.

Cinephile-doux
7
Écrit par

Cet utilisateur l'a également ajouté à ses listes Au fil(m) de 2024 et Les meilleurs films de 2024

Créée

le 25 avr. 2024

Critique lue 2.7K fois

Cinephile-doux

Écrit par

Critique lue 2.7K fois

14

D'autres avis sur Only the River Flows

Only the River Flows

Only the River Flows

5

Electron

le 16 juil. 2024

Suivre

On ne comprend pas le destin

De ce troisième long métrage du Chinois Wèi Shū-Jūn, je retiens qu’il aurait tendance à séduire ceux qui y cherchent un sens caché, alors que son scénario laisse perplexe par bien des

Only the River Flows

Only the River Flows

7

Cinephile-doux

le 25 avr. 2024

Suivre

Après la pluie le mauvais temps

Only the River Flows, le troisième long-métrage de Wei Shujun, est adapté d'une novella de Yu Hua, prolablement le meilleur écrivain chinois des trois dernières décennies, dont le roman Vivre ! fut...

Only the River Flows

Only the River Flows

2

clappinou

le 17 août 2023

Suivre

Ridicule

Roh mais qu’est ce que c’est chiant. Les cinéastes persuadés d’être des génies torturés ça va cinq minutes. Tu fais un film policier, fais un film policier, qu’est ce que tu vas te perdre dans un...

Du même critique

Anatomie d'une chute

Anatomie d'une chute

6

Cinephile-doux

le 28 mai 2023

Suivre

Procès d'intentions

Depuis quelques années, le cinéma français, et plus particulièrement ses réalisatrices, trustent les lauriers dans les plus grands festivals. Au tour de Justine Triet d'être palmée à Cannes avec...

France

France

8

Cinephile-doux

le 25 août 2021

Suivre

Triste et célèbre

Il est quand même drôle qu'un grand nombre des spectateurs de France ne retient du film que sa satire au vitriol (hum) des journalistes télé élevés au rang de stars et des errements des chaînes...

The Power of the Dog

The Power of the Dog

8

Cinephile-doux

le 25 sept. 2021

Suivre

Du genre masculin

Enfin un nouveau film de Jane Campion, 12 ans après Bright Star ! La puissance et la subtilité de la réalisatrice néo-zélandaise ne se sont manifestement pas affadies avec Le pouvoir du chien, un...