Dans une bourgade où il se produit, un quiproquo fait prendre l'accordéoniste ambulant Lampluche pour le brillant compositeur Leroy, suicidaire et récemment disparu.
Acteur, scénariste et réalisateur de ce qui restera son unique film, René Lefèvre s'investit pleinement dans cette comédie dont l'esprit volontiers loufoque pourrait rappeler les créations excentriques des frères Prévert au cinéma. René Lefèvre est très bien en prolo du musette, dépassé par son usurpation involontaire et par un niveau musical qu'il n'a pas. Il a en face de lui un Saturnin Fabre qui lui vole néanmoins la vedette dans un numéro savoureux de compositeur d'opéra en pleine répétition avec des villageois triés sur le volet et qui s'entiche aveuglément du supposé cador de la sonate.
Saturnin Fabre est la valeur ajoutée du film. Son éloquence invariablement solennelle, son regard perçant donnent du relief aux instants les plus futiles. Son personnage est d'autant plus important dans le dispositif de la comédie qu'il permet parfois de surmonter les quelques faiblesses du scénario, pas aussi futé qu'on l'espérait. La mise en scène n'est pas toujours inspirée ou personnelle ; il lui manque certainement un petit grain de folie, un souffle burlesque sur des séquences de boulevard communes.