Auteur d’Opération Apollo, Adrian Maben signe un documentaire original et personnel, retraçant l'impact social et économique du programme Apollo sur la société américaine. Le cinéaste anglais pose un regard décalé et singulier sur la mission Apollo. Il montre bien comment le projet d'envoyer un homme marcher sur la Lune a transformé la société américaine, subitement envahie par le désir de conquête spatiale. Hétéroclite dans sa forme, sublimé par une B.O. musicale flamboyante, qui est une plongée fiévreuse dans l'Amérique des années 60, le documentaire m'a vraiment séduit par l'originalité de son ton, très loin des présentations hagiographiques généralement de mise pour évoquer l'une des plus grandes aventures humaines jamais entreprises.
Avec à la clef, un florilège d'interviews qui donnent la parole à ceux qui ont participé à cette mission périlleuse. Des responsables de la NASA aux astronautes Jim Lovell, Frank Borman, et William Anders, on peut ainsi mieux comprendre comment s'est mis en place cet objectif un peu fou de vouloir conquérir la Lune. Mais l'interview la plus intéressante est celle accordée au père du programme Apollo, le docteur Wernher von Braun, qu'Adrien Maben a réussi à approcher. Celui-ci ne se démonte pas pour lui poser franchement la question qui fâche, celle concernant les fusées V2 qu'il a construites pour l'Allemagne nazie pendant la Seconde Guerre mondiale, et qui ont fait des milliers de morts. C'est la conscience morale du scientifique qu'il tente d'interroger et de mettre à rude épreuve : comment être passé du V2, arme funeste et barbare, à la fusée spatiale Saturn V, symbole de l'exploration spatiale ? La réponse de l'intéressé est aussi brutale qu'implacable : jamais le programme spatial Apollo n'aurait pu se développer aussi rapidement et aboutir sans l'apport initial des V2. Autrement dit : sans l'apport des scientifiques nazis, les Américains n'auraient sans doute jamais gagné cette course effrénée à la Lune…