Le film, un peu fadasse, raconte la capture en 1960, en Argentine, par les services secrets israéliens du nazi Adolf Eichmann.
La partie la plus intéressante mais qui n’est pas bien traitée c’est le face-à-face entre Adolf Eichmann et un de ses kidnappeurs l'agent Peter Malkin. Il y avait là potentiellement, dans ce duel, possibilité de creuser la psychologie de l’un et de l’autre.
A ce propos, on ne peut reprocher au réalisateur d’humaniser Eichmann, d’en faire un monsieur commun, c’est même plutôt une bonne chose si l'on pense à Hannah Arendt et à sa « banalité du mal ».
L’autre question qui n’est pas suffisamment traitée est celle qui est à peine évoquée au début du film, à savoir le dilemme : faut-il buter Eichmann tout de suite pour se venger ou le prendre vivant pour le juger aux yeux de tous ?
Aujourd’hui en 2025 Israël ne se pose plus ce genre de question : on bute tout le monde sans exception…
C’est d’ailleurs un problème quand on regarde ces films sur la seconde guerre mondiale, sur le massacre des juifs, sur la Shoah, et même sur les attentats de Munich et autres, sur la capacité d’Israël à poursuivre et à punir les meurtriers, on prend (on prenait) fait et cause pour Israël mais peut-on pour autant oublier l’histoire qui se joue aujourd’hui ? Aujourd’hui, en 2025, qui massacre en masse (je n’oublie pas le 7 octobre) ? Qui va même jusqu’à mettre en place l’occupation totale d’un pays et à en exiler la population (vers Madagascar ?) ? Ceux qui avaient, avant, la légitimité et le sens de la justice (comme le montre le film « Opération finale ») et qui les ont aujourd’hui complètement perdus.