Suivant une généreuse idée, le film plaide pour l'extension de la culture et de la connaissance vers les couches sociales défavorisées. Mettant à contribution l'armée, qui prétend déjà discipliner les esprits malsains, la réalisatrice propose tout simplement d'intégrer à l'enseignement militaire un programme scolaire à l'intention de la jeunesse américaine de la rue.
Ainsi, illustrant le propos, Danny DeVito tente de faire découvrir à quelques potaches diversement représentatifs les vertus de l'oeuvre de shakespearienne.
Hamlet contre l'exclusion sociale, l'argument ne manque pas de pertinence mais, si Penny Marshall fait preuve d'une certaine acuité dans les portraits et les maux vite ébauchés, elle se disperse inutilement dans de banales péripéties de caserne et dans une critique convenue des préventions de militaires bornés.
Comme on pouvait s'y attendre, le film saborde son ambition sociologique et s'en remet complaisamment au numéro de Danny DeVito, dont l'interprétation et le personnage paraissent vite futiles. Enfin, la réussite éclatante du projet, sans l'ombre d'une réserve, témoigne encore une fois, avec ce type de cinéma américain tout public, d'un moralisme et d'un paternalisme dégoulinants.