Dépaysement garanti et rythme soutenu. La franchise a plus de moyens et le fait voir à l’écran. James Bond y est plus féroce que jamais. L’intrigue le poussant à des actes surprenants comme frapper une (fausse) veuve qui vient d’enterrer son mari, frapper son collègue Felix Leiter ou sacrifier une femme pour sauver sa vie. Les paysages sont magnifiques et la réalisation ne se prive pas de les exploiter (la plage où Bond dévoile à Domino la mort de son frère), les scènes sous-marines impressionnantes (la découverte de l’avion dans la zone infestée de requin), les bond girls somptueuses et un méchant impliqué qui met les mains dans le cambouis, étant de tous les combats. Bémol sur les accélérations de l’image lors du combat final, bien trop exagérées.
Le Générique :
Chanson - Apparemment un thème qui aurait été écrit dans l’urgence car pas celui prévu à l’origine. Les producteurs souhaitant que le titre du film soit utilisé dans les paroles. Je lui trouve une certaine ironie, déjà dans la reprise de la ligne mélodique du James Bond Thème, mais aussi dans l’interprétation de Tom Jones sur le refrain. C’est classe.
Visuel - Le début des génériques plus complexes, plus rythmés et colorés aussi. Les silhouettes féminines «dansantes» au rythme du morceau l’accompagnant, introduisant la thématique forte de l’aventure qui va suivre. Une réussite.
LA James Bond Girl :
Luciana Paluzzi aka Fiona Volpe. Belle, voluptueuse, la première vraie méchante. Pas d’ambiguïté avec elle, elle est du coté de Spectre et n’hésite pas à kidnapper, manipuler et souhaite tuer James Bond. Mal lui en prendra lors d’une danse «tuante» qui inspirera à James Bond une réplique tout aussi «tuante».
LA réplique :
«Someone has to lose.»
«Yes, I thought I saw a specter at your shoulder.»
«What do you mean ?»
«The specter of defeat.»
Première confrontation entre Bond et son antagoniste Emilio Largo, autour d’une partie de Chemin de fer.
Un petit moment de magie dans l’interprétation des deux acteurs, Sean Connery accentuant l’ironie de sa réplique par un petit rictus, et Adolfo Celi jouant à merveille un mélange de surprise et de malaise au son de la double évocation du mot «Specter».
LA scène :
Plus qu’une scène, c’est toute la bataille finale sous-marine au son des bulles et du magnifique morceaux Bond Joins Underwater Battle de John Barry. Une bonne vingtaine de minutes introduites sous tension avec le saut en parachute des hommes grenouilles Américains, pour aboutir à une soixantaine de plongeurs s’affrontant aux couteaux et aux harpons auxquels se joindront James Bond et un requin.
Leçon de logistique, de réalisation et de montage. Le morceaux de bravoure de la saga à ce stade.