Sorti en 1944, ce film d’espionnage se déroule à Alger en 1942, peu avant le débarquement des Alliés en Afrique du Nord (l’opération Torch). On y suit une jeune américaine, qui décide d’aider un soldat britannique pourchassé par un Allemand, bien décidé à récupérer une précieuse information.
Il s’agit clairement d’une série B tournée sans grand génie. Le scénario est bourrée de facilités, et déforme l’Histoire pourtant récente à l’époque. On apprend ainsi avec étonnement que les USA et le régime de Vichy seraient en termes amicaux en 1942 ! Message politique ou simplification maladroite de l’opération Torch ? Dans la réalité, le débarquement à Alger s’est déroulé sans heurt, grâce au travail de la Résistance et au soutien de quelques officiers français. Ce n’est qu’après ce débarquement que la majeure partie des militaires français sur place s’est ralliée aux Alliés…
La mise en scène est professionnelle, et a le mérite de proposer un contexte exotique dans un cadre international intéressant. Mais elle est sans éclat, et semble anti-spectaculaire à souhait. En effet, toutes les séquences « d’action », même la plus simple bagarre, sont en hors-champs ! Un choix incongru, peut-être lié à un manque de moyen ?
Heureusement, les acteurs sont tout à fait correct, et portent le film, malgré un suspens parfois artificiel. On repère tout de même James Mason (qui n’était pas encore la star hollywoodienne qu’il deviendra) dans le rôle du soldat britannique. Ironie de l’histoire, dans la vraie vie l’acteur était objecteur de conscience, et refusait catégoriquement tout engagement militaire !