A24 commencerai-t-elle à devenir sa propre caricature ? Possible. En attendant, c'est toujours aussi efficace même si ça aurait tendance à s'essouffler. En effet, avec ce film réalisé par Mark Anthony Green, on est devant un "elevated horror" (qu'est-ce que je n'apprécie pas ce terme !) qui se veut aussi chic que choc, sorte de rencontre entre "Midsommar" et "Blink Twice".
Tout un programme donc ; nous suivons les aventures d'une journaliste invitée, avec quelques autres personnes sélectionnées sur le volet, à la propriété de la superstar de la pop Alfred Moretti, faisant son grand retour après trente ans d'absence. Et, bien évidemment, les choses ne se passent pas exactement comme prévu.
Avec ce synopsis, je me rends compte qu'on y retrouve également un peu de "The Menu" dans le délire, enfin bref, un film d'horreur moderne donc qui ne surprendra pas grand monde dans ses choix artistiques. En effet, que ce soit de la mise en scène au scénario, tout est plus ou moins convenu selon ce tout nouveau sous-genre qui se démode aussi vite que ne l'a été le slasher dans les années 80. Mais pourtant, je dois bien avouer que je n'ai pas détesté !
En effet, quoi que j'en dise, j'apprécie ce genre de film et aussi convenu soit-il, c'est un genre qui arrivera toujours - enfin du moins jusqu'à maintenant - à me surprendre ou en tout cas à me séduire. Que ce soit de par son mélange de tons un peu exotique ou de par son pseudo suspense que l'intrigue tente très maladroitement de mettre en place, j'ai très vite été happé par l'ensemble, même si le tout est évidemment très prévisible ! Enfin, à ce propos, j'ai quand même été assez déçu que le film
n'aille pas plus loin que la simple secte qui essaye de s'étendre. Alors oui, on a un espèce de twist qui essaye de rattraper le tout mais ça ne fonctionne que très moyennement.
De même, même si le suspense est raté, les révélations surviennent paradoxalement bien trop vite et soudainement, on n'a pas le temps de dire ouf que tous les antagonistes se révèlent. D'autant plus dommage que l'ambiance est en revanche très réussie ; le film aurait pu ainsi tenir un peu plus sur la durée avec cette dernière.
Le film gagne aussi de par son casting, notamment John Malkovich qui fait le guignol pendant une heure et demi mais qui le fait très bien, Ayo Edebiri qui lead très bien l'ensemble et une Juliette Lewis qui ne se fait que trop rare !
En résumé, même si le film reste dans l'ensemble appréciable, ne vous attendez pas à quelque-chose de bien surprenant avec "Opus" ; en voulant être si original, il en devient finalement bien banal.