Orphelin
5.7
Orphelin

Film de László Nemes (2025)

D’un film dominé par sa radicalité formelle (qu’on aime ou non Le fils de Saul, on ne pourra lui reprocher sa cohérence de forme) on passe à un film écrasé par son académisme. Alors évidemment, le type est talentueux, il a des idées de plans, des idées de scènes. Il me semble qu’on reste là à l’état d’idées. Qu’elles ne s’incarnent jamais à l’écran, qu’elles ne s’étirent pas, ne débouchent sur pas grand-chose. Je pense que c’est un film coincé entre plusieurs volontés. Un film écrasé par sa dimension autobiographique (il semble que le récit de ce garçon s’inspire de l’enfance du propre père du cinéaste) et donc par son scénario, autant que par son envie de faire conte à hauteur d’enfant et film naturaliste renforcé par ces lieux, ce Budapest en ruines. Nemes voudrait à la fois faire son Allemagne, année zéro mais aussi un film à la Guillermo del Toro. Aucun de ces films ne fonctionnent, pour moi. Alors on se satisfait de quelques scènes, comme la toute dernière sur une grande roue, mais pareil, on ne fait pas ce genre de séquence sans repenser à celle du Troisième homme, de Carol Reed. Orphelin est écrasé aussi par le poids de ses références. Mais pas seulement puisqu’il faut encaisser son filtre jaunâtre et sa symbolique souvent outrancière : le dernier plan, oui, bon voilà quoi. Ce qui me restera se loge dans une cave, à savoir ce gamin qui parle à une chaudière en lieu et place de son propre père, fantasmé. Ainsi que dans ces moments où il rend visite au frère d’une amie, déserteur blessé et réfugié dans les égouts. Là y a un peu de cinéma, de l’imprévu, qui semble s’extraire du film scénario. Il faut tout de même que je rattrape Sunset, son film précédent.

JanosValuska
5
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le 19 juin 2026

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JanosValuska

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