Le nouveau documentaire de Raoul Peck (I Am Not Your Negro) n’apprendra pas grand chose à celles et ceux qui suivent d'un regard anxieux la triste marche du monde. Ceux qui savent que l’Histoire ne fonctionne pas en répétitions mais en rimes, et que l’homme n’apprend finalement pas grand chose du passé une fois que le temps a fait son affaire.
Si Orwell: 2+2=5 enfonce donc des portes ouvertes, il est toutefois très didactique dans sa structure et me paraît un objet d’étude indispensable dans les milieux scolaire, et ce grâce à la force de son dispositif qui consiste à structurer le montage sur une voix off reprenant le journal et les lettres d’Orwell, alors en fin de vie, souffrant de tuberculose, et revenant sur son parcours, et en juxtaposant cette narration aux images du passé et du présent.
Alors, même en connaissance de cause, on se laisse porter par la démonstration atemporelle de nos errements sociétaux, ainsi que par l’alternance bienvenue des extraits des différentes adaptations à l’écran de Animal Farm et 1984 qui viennent illustrer les méthodes de l'autoritarisme rampant que l'on finit par accepter dans nos vies sans même s'en rendre compte.
Un cinéma cousu de fils blancs sur ce qu’il raconte, mais un cinéma néanmoins qui tient très bien sur sa construction.