Lorsqu'est sorti Rambo en 1982 c'est en se pinçant le nez que les critiques mondains se sont abaissés à en restituer un ressenti méprisant dans leurs journaux au milieu de louanges de films intellos suédois et de panégyriques du théâtre subventionné français tout aussi soporifique. Ils y décrivaient un déluge de testostérone, un film de bourrin qui n'a d'autres finalités que la glorification de la violence. Ce n'est que quelques années plus tard, que ces mêmes critiques ont revu leur copie et il est désormais difficile de retrouver leurs premières réactions à chaud. Rien de tel dans Osiris, il est assuré que ce film ne connaitra pas la même reconnaissance tardive. à part le nombre de munitions dépensées, rien ne réuni ces films, et pourtant, dès les premières minutes une chose saute aux yeux. Ce film a un message : l'hégémonie bienpensante pesant sur la production américaine depuis une dizaine d'années vient de prendre fin ! En effet, depuis la mort de Georges Floyd les films américains se devaient d'avoir pour personnage principal le représentant d'une minorité opprimée et, pour grand méchant, le grand oppresseur systémique habituel dont la mort des plus affreuses pourra satisfaire le spectateur éveillé. Dans Osiris Exit toutes ces considérations, ce temps est fini et on vous le fait savoir de la manière la moins subtile possible. En effet, dans un premier temps une bande d'américains virils, cis et hétéros (certains étant même sous-mélaminés) dézinguent les fanatiques d'une célèbre secte par paquets de douze. Le ratio des pertes penche de manière tellement exagérée en leur faveur que s'en est caricatural. Et ce, à tel point que les films d'action des années 80 semblaient réalistes en comparaison. Aussi, la concomitance du tournage du film avec l'importance dans le débat public des évènements au moyen orient laisse-t-elle présager quelque chose de plus profond qu'une simple scène de "pan-pan de remplissage" dans un film d'action. Et c'est là est la seule force de ce film : si le scénario n'en a que le nom, si le film ne brille ni par sa photographie ni par le jeu de ses acteurs, il a l'avantage, et non le moindre, de réserver un minimum de suspense dans l'évolution et la disparition (plus ou moins tragique) de ses personnages. Ici, ni leur couleur, ni leur sexe, ni leurs préférences sexuelles ne font d'eux le méchant, le lâche, l'héroïne, la survivante, le traitre, la forte ou le faible. Vous n'y trouverez pas non plus la découverte farfelue et hors sujet du lesbianisme ou de la dysphorie de genre d'un personnage, ce qui est habituellement obligatoire dans toute production qui se respecte. Bref, même si le scénario est plus que léger, il réserve néanmoins plus de surprises que l'ensemble des films sortis ces dernières années, ce qui est suffisant pour passer un bon moment.