Ils sont devenus des héros à part entière. Au centre de films marquants et remarquables tels que "Les hommes du Président" ou encore "Le syndrome chinois". Ils, ce sont les journalistes américains qui n'ont vraiment pas leur pareil pour oser aller au bout d'une enquête. Et tant pis si cela doit provoquer un scandale à l'échelle du pays. Richard Nixon en sait quelque chose !
A ce propos, on ne peut que se féliciter de voir ce modèle journalistique se perpétuer, bien que mis à mal par les intimidations éhontées et les dénégations emberlificotées du président-parrain Don Ald Trump, à propos de la très déflagrante et sordide affaire Epstein !
Dans ce film, son dernier, Sam Peckinpah fait à son tour intervenir un journaliste de choc. Mais tout de même beaucoup moins comme héros amené à utiliser des méthodes de combat digne de Bruce Lee et Sylvester Stallone réunis ! Il suffit en fait de se dire que l'on est dans l'univers cinématographique du réalisateur de "La horde sauvage", "Les chiens de paille", etc.), où la violence atteint toujours un paroxysme tel que l'on peut légitimement y voir de la complaisance. Question d'appréciation...
Mais ce qui est à même d'être le plus apprécié dans "Osterman week-end", c'est l'intrigue. A travers elle, on pénètre dans le monde flou et surtout impitoyable de l'espionnage-contre espionnage. A partir du moment où la C.I.A. et le F.B.I. vont lui prouver, avec des enregistrements à la clé (la vidéo est l'autre "personnage" central du film), que quatre de ses amis travaillent pour les Russes, le journaliste va devoir mettre le doigt dans l'engrenage. Ce qu'on lui demande : amener l'un d'eux à retourner sa veste - rien que ça ! - au cours d'un week-end Osterman, du nom de celui qui les a instaurés. En échange, il aura comme invité à son émission l'un des personnages les plus puissants de l'Etat. Mais Peckinpah s'amuse à compliquer les choses en brouillant les données... Très judicieusement d'ailleurs car c'est tout à fait monnaie courante dans le milieu parallèle qu'il explore. Suspense garanti !
Et, encore une fois, violence garantie également. Car le journaliste héros à la Une du film va devoir payer "Le prix du danger" ! A ce propos, le film comporte des séquences d'anthologie, comme on dit. Filmées à la Peckinpah, c'est-à-dire au ralenti comme pour mieux magnifier la violence qui s'en dégage. A noter, pour les admirateurs du cinéaste, que pour une fois l'action n'est pas du tout "ketchupisée" ! Et quelle action : deux hommes pris au piège d'une piscine dont la surface est en feu, voilà de l'inédit (à l'époque).
Film sur le Pouvoir en général et sur celui de l'image en particulier (qui n'a fait que s'amplifier et se pervertir depuis !), "Osterman week-end" est interprété par des acteurs à forte signature de jeu : le grand Burt Lancaster, Rutger Hauer et surtout John Hurt dont le talent crève l'écran !
Un film palpitant... à voir de préférence un samedi ou un dimanche !